La belle aventure de Grignotin

Bonjour! C’est aux enfants que s’adresse cette histoire illustrée. Elle s’inscrit dans la rubrique Cap sur la Vie , destinée à parler du handicap dans une perspective pleine d’espérance. Cette histoire peut être utilisée pour expliquer le handicap à vos enfants, ou pour encourager des enfants touchés eux-mêmes par une forme de difficulté. Avec Grignotin, ils apprendront quelle valeur inestimable il sont et comment dépasser leurs difficultés pour vivre la vie comme une belle aventure.

Vous pouvez imprimer l’histoire et vous en servir dans vos familles, vos écoles ou groupes d’animation pour enfants. Toutefois, ce texte et les illustrations sont couverts par la législation sur les droits d’auteur. Vous pouvez y avoir accès gratuitement, mais il est interdit de diffuser ce récit à des fins commerciales. Je vous remercie de mentionner l’auteure et ce site internet pour toute utilisation publique.

Au cours du premier trimestre 2026, un livre témoignage intitué « Cap sur la Vie » sera publié chez RDF-Editions. Je le présenterai en temps voulu sur le site internet.

L’histoire de Grignotin pourra être utilisée dans le contexte des pistes de réllexion qui seront abordées dans la deuxième partie du livre, en lien avec une approche pédagogique.

Bonne lecture!

Par un beau jour de printemps, Monsieur et Madame Écureuil, domiciliés
au chemin du Grand Chêne 4 du Bois Touffu, donnent naissance à un très joli bébé au poil roux et à la queue panachée.

Ils appellent leur enfant Grignotin. Très fiers, ils annoncent à tous les habitants de la forêt leur joie de devenir les parents d’un petit écureuil aussi mignon.
Grignotin porte bien son nom. Quand il est assez grand pour ne plus se nourrir du lait de sa maman, il montre un goût certain pour les noisettes, les glands et les noix qu’il aime grignoter de ses petites dents toutes neuves.

En admirant son panache, ses parents imaginent déjà leurs expéditions dans la forêt, les courses folles de branches en branches et les partie de cache-cache dont raffolent les écureuils.
Mais quand vient l’été, papa et maman Écureuil comprennent que leur petit bébé ne peut pas marcher, et encore moins sauter, comme les autres
petits écureuils.

– Qu’allons-nous faire ? se demande papa Écureuil, qui voit là une véritable catastrophe. Un écureuil, c’est fait pour grimper aux arbres et sauter de branche en branche. Notre petit sera tout le temps en danger s’il ne peut pas marcher ni courir.

-Nous le protégerons, répond la maman, inquiète, elle aussi, mais décidée à trouver une solution. Nous aimons tant notre petit Grignotin. Il fait partie de notre famille, et son handicap ne change rien à tout l’amour que nous allons lui donner.

-Bien sûr, ajoute papa Écureuil. Mais tu ne peux pas le garder dans le nid avec toi jour et nuit. Il serait malheureux. Et alors, que fera-t-il pour se débrouiller s’il ne peut pas utiliser ses pattes?

Parfois, le soir, tout seul dans son lit douillet, il pleure à chaudes larmes et se demande pourquoi le Créateur du Bois Touffu a laissé ce malheur arriver.. Il laisse s’échapper un soupir lourd de peine, comme une prière, et demande en chuchotant de pouvoir se réveiller avec des pattes capables de faire de lui un véritable écureuil. Pour Grignotin, un écureuil ne pouvant pas grimper aux arbres n’était pas un vrai écureuil. « Les écureuils, c’est fait pour sauter de branche en branche, cueillir des noisettes, des noix et des glands, et leur trouver une cachette pour l’hiver, » se dit-il.
D’une certaine manière, Grignotin a raison. Mais pas tout à fait. Il ne le sait
pas encore, mais il va apprendre un secret qui va lui redonner courage.

Dans la tête de Monsieur et Madame Écureuil, les questions et les soucis tourbillonnent comme des feuilles d’automne par une journée de grand vent.
Papa écureuil réfléchit, réfléchit tant et si bien qu’il trouve une idée de génie. Il va trouver son ami, Monsieur Molette, un écureuil très bricoleur. Ensemble, ils fabriquent un petit fauteuil roulant avec deux rondelles de bois et une chaise, de sorte que Grignotin peut maintenant aller se promener et profiter de la belle saison dans le Bois Touffu.

A l’hôpital, le docteur Écureuil propose d’aller chez Mademoiselle Souris faire des exercices en espérant que les petites pattes de Grignotin se fortifient et qu’il apprenne à marcher.
Ainsi, Grignotin passe des heures et des heures chez Mademoiselle Souris à se lever et s’asseoir, à tenter de grimper sur une vielle souche et à suivre du mieux possible les conseils de la gentille souris. Hélas, les résultats ne sont pas extraordinaires.

La gymnastique est utile pour que les pattes arrières de Grignotin restent souples et que ses pattes avant se fortifient. Il peut maintenant se lever seul et s’asseoir, mais le Docteur Écureuil finit par se rendre à la raison: Grignotin ne pourra jamais partir en excursion dans la forêt, ni sauter de branche en branche.

A vrai dire, Grignotin devra apprivoiser son handicap toute sa vie.

-Il ne pourra peut-être pas faire de course folle, dit sa maman, mais croyez-moi, il ne reste pas à terre ni enfermé dans notre nid.

C’est une de ces journées ensoleillées où le bois fleure bon la fraise des bois et le pin.
On rencontre tout de sorte de voisins dans la forêt. Le corbeau le regarde de haut, le pivert est trop occupé à cogner sur son arbre pour s’intéresser au sort de ce petit écureuil pas comme les autres.

« C’est un enfant atypique », dit Maître Hibou plein de sagesse et un peu austère. « Mais j’aime beaucoup fourrer mon bec dans les situations un peu différentes, » dit-il d’un air malicieux. C’est sa manière de proposer de prendre Grignotin sous son aile pour lui enseigner un peu de sa sagesse et surtout l’aider à développer ses capacités.
L’escargot, lui, éprouve de la sympathie pour Grignotin. « Ne t’en fais pas, chuchote-t-il, moi je ne saute pas ni ne marche et pourtant, je suis heureux tel que je suis. » « Oui, répond Grignotin, mais tu peux te réfugier à tout moment dans ta coquille. Moi je ne peux pas. »
Maman Écureuil tente de rassurer son enfant. Lorsqu’un autre petit Écureuil se moque de lui, elle ressent du chagrin et encourage Grignotin à ignorer ces moqueries avec panache. « Car, dit-elle, ce qui fait de toi un vrai écureuil, ce n’est pas que tu puisses grimper aux arbres ou non, mais c’est le panache de cette queue magnifique qui te permet de balayer des méchancetés. »

Ce jour-là, Grignotin rencontre Monsieur le Castor pour la première fois..

Ce dernier vient lui rendre visite le lendemain. Le Castor est non seulement le cinquième enfant d’une famille d’architectes à qui l’on doit un magnifique barrage sur le ruisseau du Bois Touffu, mais il en connaît tous les secrets.
Il sait que chaque habitant de la forêt touffue a une place et un rôle à jouer. Il croit que chacun a été créé avec amour et dans un but précis.

Bonjour, petit écureuil vaillant et courageux, dit-il.
Grignotin regarde autour de lui pour voir à qui s’adresse ce merveilleux compliment, mais comme il n’y a pas d’autre petit écureuil, il comprend que cette salutation amicale est pour lui. « Bonjour  » répond-t-il timidement.
Monsieur Castor est animé d’un esprit doux qui sait voir en chacun une merveilleuse créature. Ses yeux voient bien au-delà des apparences.
Aussi, en regardant Grignotin, il voit un courageux petit écureuil plein de vie. Son handicap n’est qu’une difficulté qu’il va apprendre à apprivoiser.
Il lui rend souvent visite et l’encourage. Alors Grignotin comprend que ses difficultés n’enlèvent en rien sa valeur et qu’il peut, lui aussi, les transformer en une aventure palpitante.
Le Castor lui a aussi rappelé qu’un jour, le Créateur du Bois Touffu viendra sécher toutes nos larmes et ce jour-là, Grignotin sera complètement guéri.

Sur le conseil de Maître Hiboux, Maman Écureuil décide que le handicap de son fils ne sera plus un problème insurmontable. Ensemble, ils vont transformer la difficulté en une aventure passionnante, pleine de défis à résoudre.

Regarde mes doigts, dit maman. Ton pouce, c’est toi. Tu es le sujet, celui qui va vivre cette aventure et trouver des solutions. C’est toi qui va trouver le chemin pour atteindre ton objectif et je te promets d’être à tes côtés pour t’accompagner.
Ensuite, ton index représente l’objectif que tu vas te fixer. Y as-tu pensé?

-Je voudrais voir le monde du sommet d’un grand arbre et faire partie de la famille des écureuils qui participent à la récolte des noix, des noisettes et des glands. Si possible, j’aimerais aussi sauter de branches en branches.

-C’est un très bon objectif, approuve maman écureuil. Mais regarde mon troisième doigt, le majeur: on va l’appeler le « rejet ». C’est là que nous mettons de côtés les choses qui nous empêchent de réaliser ton objectif. Par exemple, sauter de branche en branche n’est pas possible. Il faut mettre cela de côté, du moins pour le moment. Par contre, qui a dit qu’on ne peut pas monter à la cime d’un arbre autrement qu’en y grimpant? Qu’est-ce que tu penses qui t’empêche encore d’avancer vers le but?

-Et bien, il y a ma timidité et les moqueries de certains animaux qui me regardent comme si j’étais bizarre.

-Tu as bien raison, dit maman, on va mettre tous ces vilains regards et ces moqueries dans un trou profond. Et quand tu les rencontres encore, tu les secoues bien fort pour qu’ils ne collent pas à ta jolie queue panachée. Quant à la timidité, elle vient sûrement de la peur de te tromper. Sais-tu que c’est en se trompant qu’on apprend le plus de choses? Cela fait partie de notre aventure. On va y arriver!

-Oui mais je suis toujours coincé dans mon fauteuil roulant! Tu parles d’une aventure!

-Voyons, voyons, dit maman. Il y a bien un moyen d’adapter quelque chose pour que tu puisses contempler la forêt du haut des arbres. Nous allons y réfléchir. Quant aux noisettes et aux glands, bien de écureuils peuvent aller les récolter. Ce dont il ont besoin, c’est d’un petit futé qui sache les compter, les peser, gérer les stocks et les vendre.

-J’en fais mon affaire!, s’exclame Grignotin qui désire vraiment apprendre à compter.

-Le quatrième doigt, c’est le trajet qu’il nous faut prévoir pour arriver à l’objectif. Voyons quels sont nos ressources. Il y a Maître Hibou qui propose de m’aider à t’instruire. Il n’a pas de bons yeux, mais malgré ce handicap, il a beaucoup de sagesse.

-Et puis il y a Monsieur Molette, dit Grignotin. Il est vieux et plein de rhumatismes, mais il a toujours de bonnes idées. Mon petit fauteuil roule drôlement bien. Peut-être qu’il aurait idée pour me faire monter aux arbres?

Grignotin se souvient encore de Dodu Jo, un écureuil costaud et pas très malin, mais qui rend service à tout le monde. En y réfléchissant, Grignotin s’aperçoit qu’il y a, dans la Forêt Touffue, une bonne équipe capable de l’aider à réaliser son aventure. Tous ont, eux aussi, un petit handicap ou une difficulté, mais ensemble, ils peuvent faire des merveilles.

C’est ainsi que Papa va trouver Monsieur Molette et Dodu Jo. Ils mettent au point une nacelle reliée à un système de poulie que papa va fixer en haut d’un grand arbre.

Dodu Jo installe Grignotin dans la nacelle et tire sur la corde de toutes ses forces pour le hisser au sommet de l’arbre.
Quelle expérience fantastique! Grignotin en a le souffle coupé. Il peut maintenant voir la forêt d’en haut. Comme c’est beau ! Les arbres et les grands sapins s’étendent à perte de vue. Le grand ciel bleu, les nuages, le soleil, comme tout est grand ! Le petit écureuil se sent libre et heureux.

Avec Maman et sous la guidance de Maître Hibou, il apprend d’abord à reconnaître les noisettes les meilleures, à trier les glands et peser les noix.

Ensuite quand tout cela est bien compris, Grignotin apprend à les additionner et les répertorier.

Il sait bientôt tenir à jour les stocks, faire des soustractions quand quelqu’un vient en acheter, des multiplications et des divisions quand il faut compter le nombre de fruits à coque par famille.

Ceci prend beaucoup de temps. Il a tellement envie de pouvoir un jour tenir l’échoppe des écureuils qu’il s’accroche de toutes ces forces, mêmes quand il a envie de laisser tomber. Maman et papa veillent à ce qu’il ait le temps de jouer et de se reposer.
Maître Hibou lui donne des truc pour mieux apprendre et Grignotin prend confiance en lui.

Malgré tout, Grignotin comprend bien qu’il aura toujours un peu de tristesse parce qu’il ne peut pas se joindre aux jeux de poursuite de ses camarades. Mais il décide de ne pas laisser les pensées tristes lui barrer la route de son extraordinaire aventure.

Heureusement, les amis de l’école de Grignotin jouent à des jeux auxquels il peut aussi participer avec un grand plaisir.

Grignotin a grandi. Quand vient le moment du grand marché de Noël, il reçoit l’honneur de tenir l’échoppe des Écureuils. Il a si bien travaillé qu’il peut à lui seul vendre les petits sacs de glands, de noix et de noisettes. Coiffé de son bonnet rouge, il se sent vraiment heureux. Maître Hibou est très heureux de voir les progrès de son petit élève.
En plus de la grande course de branche en branche à laquelle il ne peut pas participer, papa propose une compétition de tri de noisettes. C’est Grignotin qui remporte le premier prix haut la main.

-Pour cette année, je me suis aussi fixé un objectif: trouver un moyen de te faire un harnais qui te permette de te balancer d’une branche à l’autre.
Grignotin applaudit cette idée. Son ami le Castor lui a tenu compagnie toute la soirée. Il est toujours là pour encourager le jeune écureuil.
 » Tu vois, dit-il, te voici le sujet d’une fantastique aventure. Ta maman savait bien que tu serais capable de tous ces exploits.

« C’est vrai, se dit Grignotin. Quand on sait qu’on est aimé très fort, on peut aller toucher la cime des grands sapins et trouver sa place dans le grand Bois Touffu. 

FIN

Le don de la vie

A l’approche de Noël, alors que l’effervescence des fêtes nous fait parfois oublier le sens véritable de cette fête, j’aimerais m’approcher avec vous de ce nouveau-né, déposé dans la mangeoire d’animaux domestiques, dans une insignifiante étable, parce qu’il n’y avait pas de place pour lui dans les maisons et les auberges de Bethléhem.

C’était au début du mois de Nissan, en Israël, fin mars, début avril selon notre calendrier. Une jeune mère épuisée par une longue route, loin de sa famille et de son foyer, donne naissance à son premier-né, sur un lit de paille que lui a préparé en urgence son époux. Malgré tout, la vie est donnée, à l’ombre de circonstances apparemment chaotiques et qui étaient pourtant préparées dans les moindres détails par le Créateur et le Père de cet enfant, Jésus, Yeshoua en hébreu.

Tiré du film The Nativity Story

Fragilité… précarité…douleur….la vie d’un enfant qui vient au monde est parfois menacée dès sa naissance. Guerre, pauvreté, maladie, handicap…

Il y a 27 ans, j’ai donné naissance à deux beaux petits garçons. Après quelques semaines, nous avons appris que l’un des deux étaient atteints de lésions cérébrales sévères et multiples. Je le revois, mon petit Benjamin, blotti dans le creux de mes bras, lové dans la tendresse de notre amour, à l’aube d’une vie dont nous apprenions qu’elle allait être limitée et pleines de défis. Et pourtant, dans la découverte de cette réalité difficile, j’avais la paix. Je savais que rien n’échappe au regard plein de tendresse de mon Créateur. « Mon corps n’était point caché devant toi, lorsque j’ai été fait dans un lieu secret, tissé dans les profondeurs de la terre. Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient; et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m’étaient destinés, avant qu’aucun d’eux existât. » C’étaient les paroles d’un roi Juif, David, qui connaissait bien son Créateur. (Psaume 139.15) Il n’y a pas eu un seul jour, même durant les moments les plus éprouvants où je me suis sentie parfois tellement démunie, pas un jour où je n’ai vu en lui l’image du Dieu qui a façonné les galaxies, déployé les océans, modelé la terre et tout ce qu’elle contient. Il y a eu des moments de faiblesse où le doute est venu souffler à mon esprit que cela n’était peut-être qu’une douce illusion. Mais ces doutes n’ont pas eu raison de mon espérance et vous savez pourquoi?

Il me faut pour cela revenir à ce petit enfant couché dans l’étable, insignifiant aux yeux du monde. Cette nuit là, il y a un peu plus de 2000 ans, le ciel s’est entrouvert pour en faire jaillir la joie et l’émerveillement, car ce petit être fragile allait changer la face du monde. Il allait changer la vie de millions de personnes, dont ma vie, et ouvrir des horizons lumineux et sans limite pour ce petit garçon né avec un handicap important. Jésus est devenu un homme, rempli de l’Esprit de Dieu son Père. Il a été son parfait représentant. Il a porté un regard plein d’amour sur tous ceux qui étaient brisés d’une manière ou d’autre, sur tous ceux qui ont été assez lucides pour reconnaître leur faiblesse, qu’ils aient été apparemment bien portants ou atteints d’une infirmité quelle qu’elle soit. Le regard de Jésus à lui seul a le pouvoir de réduire au silence les théories déterministes et une vision matérialiste qui réduit l’être humain a un amas de cellules périssables et la personne handicapée à un accident de la nature. Le regard de Jésus élève l’être humain à la dignité de fils ou de fille de Dieu. Et parce que je connais ce Dieu-là et que j’ai reçu son Esprit, comme Il l’a promis à tous ceux qui mettent en lui leur confiance, je peux à mon tour porter ce même regard sur toutes les personnes atteintes dans leur intégrité.

Beaucoup d’autres avant moi, tout au long de l’Histoire, ont reçu ce même regard. Si vous y réfléchissez, nos hôpitaux, les institutions qui aujourd’hui accueillent les personnes porteuses d’un handicap, ont pour la plupart été fondées par des témoins de cette réalité extraordinaire. C’était le cas de Madame Delafontaine et de Mademoiselle Gertrude Luthi, que j’ai eu la chance de connaître, et qui toutes deux ont fondé des lieux d’accueil remplis d’espérance pour les personnes en situation de handicap ici en Suisse romande. Un bon nombre des ces lieux laïcisés aujourd’hui ont été fondés au nom de l’amour d’un Dieu qui donne la vie et qui vient à la rencontre de celui qui souffre.

Aussi, dans les moments de découragement, je pu m’appuyer sur cette réalité cachée aux yeux de beaucoup, mais qui devient une évidence pour ceux qui se laissent saisir par ce Dieu de vie.

Si j’écris ces lignes, vous l’avez bien compris, ce n’est pas promouvoir un livre ou gagner quoi que ce soit, mais c’est parce que je désire, plus que tout, partager l’extraordinaire espérance qui peut transformer votre vie, que vous soyez concernés ou non par une infirmité. Ne sommes-nous pas tous vulnérables par ailleurs, pris dans les tourbillons d’une existence imprévisible et provisoire? Et pourtant, l’enfant dont nous célébrons la naissance, est devenu le chemin qui conduit à une vie éternelle où la souffrance n’aura plus cours.

Un jour, le Prince de Paix viendra chercher ceux qui se confient en lui. Nous recevrons un corps de résurrection, comme il en a reçu un lui-même après avoir été ramené à la vie par Dieu son Père. Ce jour-là, toute trace de maladie, toute souffrance, tout handicap ne sera plus qu’un vieux souvenir. Tel un papillon qui se débarrasse de son cocon, nous déploierons nos ailes dans la lumière de ce grand jour tant attendu. Je verrai mon fils restauré dans la plénitude de l’identité que Dieu lui a donnée au moment où il a été conçu. Il se lèvera, rempli de reconnaissance, rempli de force et de joie car le Sauveur qu’il attend et qu’il connaît à sa manière, fera briller sa face sur lui dans la splendeur d’un jour nouveau.

J’aimerais, si vous lisez ces lignes, que vous puissiez être encouragés car nos épreuves ne sont pas destinées à durer. Je ressens l’urgence de partager ces choses parce que je connais la puissance et l’espérance qui y sont attachées.

Il y a une image que mon fils aime regarder dans sa petite Bible imagée. On y voit Jésus entouré d’enfants petits et grands. Je lui demande: Où es-tu sur cette image? Et Benjamin me montre le grand garçon assis sur les genoux du Seigneur. Il a compris tout ce qu’il doit savoir pour être prêt à rencontrer son Seigneur. C’est aussi simple que cela… Se confier dans la bonté d’un Dieu qui n’a pas commis d’erreur, mais qui est venu dans un monde où la souffrance s’est engouffrée à cause de la rébellion, afin de le racheter. En donnant sa vie pour nous, Jésus a ouvert un chemin qui nous réconcilie avec le Père et nous permet de devenir enfants de Dieu.

A l’approche de Noël alors que l’effervescence des fêtes nous vend des paillettes et du périssable, il y a une promesse accessible à chacun, un cadeau inestimable que nous pouvons recevoir aujourd’hui. Il n’est pas trop tard pour mettre le cap sur la vie.