En solidarité avec nos frères Juifs

A l’heure où j’écris ces lignes, le 11 octobre 2023, le peuple israélien vient de subir des attaques terroriste sans précédent sur son territoire: des personnes âgées, parfois survivantes de la Shoah, enlevées et traînées hors de leur logement. Des enfants pris en otages et subissant les jeux cruels de leurs ravisseurs. Des centaines de personnes assassinées. Des femmes violées et mises à mort. Des bébés arrachés à leurs parents et décapités. L’indicible se produit sous nos yeux et les voix qui s’élèvent pour dénoncer un massacre rappelant les pogroms des siècles derniers restent étonnamment rares… L’indécence de ce silence semble irrationnel car nul désaccord avec la politique d’Israël ne saurait être une excuse.

Tout ceci m’amène à une réflexion en lien avec le roman ( Tome III) de la trilogie fantastique : Le Royaume au-delà des montagnes. Vous vous souvenez sans doute de l’histoire du peuple des Hautes Landes, mené par la figure héroïque d’Alaunos, le dissident. Homme droit, assoiffé de justice et de vérité, Alaunos avait pressenti le dessin funeste du Félon qui avait su séduire Orbios et Sentice. Par ses mensonges et sa ruse, il avait éloigné leur descendance de leur Créateur, le Seigneur du Royaume au-delà des montagnes. La figure allégorique d’Alaunos fait bien évidemment référence aux pères fondateurs du Judaïsme que sont Abraham et Moïse (voir Les Fils d’Orbios). Le peuple des Hautes Landes est dès lors un peuple dissident, vivant sur les contreforts de la chaîne montagneuse séparant le monde des hommes des terres immortelles. C’est un peuple mis à part, au bénéfice d’une alliance avec le Seigneur des terres de beauté. Dès sa fondation, ce peuple va devenir l’objet de la haine du Prince Noir, le Félon, appelé aussi Dubumaglos à l’époque des anciens. Ce dernier s’acharne contre lui pour détruire cette nation qui se tourne résolument vers le Souverain des Montagnes et qui fait alliance avec lui.

Lors de la venue d’Aedan, le peuple des Hautes Landes s’interroge et se divise quant à l’identité de ce jeune homme qui dit venir du Royaume au-delà des Montagnes . Certains voient en lui le fils du Souverain Suprême et d’autres un usurpateur. La figure messianique d’Aedan va chambouler la vie en Hautes Landes.

Aedan, le Roi venu du Royaume au-delà des montagnes

Suite à des événements politiques, une partie des dissidents des Hautes Landes va se disperser dans les six nations des peuples environnants, gardant au plus profond d’eux-mêmes, l’attente du secours du Souverain Créateur.

Les siècles passent et l’histoire des Hautes Landes est marquée par les exploits de ceux qui restent attachés à Aedan le Roi et les dérives de ceux qui prétendent agir en son nom, mais le discréditent à cause de leurs motivations obscures ( voir Les Héritiers d’Aedan). Finalement, après une période de faste en Astériath durant laquelle le Félon masqué règne en coulisse sous l’identité du Grand Chambellan, la vraie nature de ce dernier apparaît. Il entame une guerre sans répit contre les alliés du Roi et les descendants des dissidents des Hautes Landes.

Au chapitre « Résistance » du Royaume au-delà des Montagnes, Joachim, le personnage principal du livre, est jeté dans un chachot obscur en attendant sa mise à mort. C’est là qu’il rencontre Ian, fils de Michaïl, un descendant exilé d’Alaunos. Dans l’obscurité du cachot, une amitié indéfectible va naître entre Joachim, pêcheurs des Côtes Blanches, devenu un ami proche du Roi et Ian, qui jusqu’ici ne pouvait reconnaître Aedan comme l’Envoyé promis par le Souverain des Montagnes. Ensemble, ils sont devenus la cible des attaques du Félon car tous deux sont porteurs d’une alliance avec le Souverain des terres immortelles. Ensemble, ils se tournent vers lui dans un moment si sombre qu’il semble n’y avoir plus d’espoir. Ensemble, ils placent leur attente dans la bonté du Souverain qui ne saurait les avoir oublié. C’est le chant de Joachim et de son compagnons Amnas qui va dévoiler leur identité. Ian reconnaît ce chant écrit par ancien roi des Hautes Landes.

Joachim des Hautes Landes

Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de penser que dans l’obscurité des temps que nous vivons, caractérisés par une emprise de plus en plus ouvertement vindicative du Félon que la Bible appelle le Prince de ce monde, nous allons voir le rapprochement des descendants d’Abraham et des disciples de Jésus de Nazareth. Les seconds, je l’espère, se tiendront aux côtés des premiers, conscients des enjeux spirituels. Comme dans le récit allégorique, le Félon cherche à empêcher les fils d’Adam de retrouver leur vocation de fils de Dieu. Il veut les voir mordre la poussière. Il leur offre des pains et des jeux pour calmer la souffrance existentielle des hommes, des femmes et des enfants coupés de leur Père et de leur vraie destinée. Ma prière est que les fils d’Abraham, ébahis par le silence coupable d’une grande partie de l’opinion publique, blessés par les injures une fois encore, puissent en venir à se rassembler autour de celui que nous reconnaissons comme le Messie, Jésus (Yeshua en hébreux) de Nazareth. Comme Aedan, il se révèlera à eux:  » Soyez les bienvenus en Hautes Landes », disait ce dernier. « Je vous ai attendu depuis le premier jour et j’ai langui après vous ».

Malgré les ténèbres, le jour du Grand Pardon est proche. La terre des Hautes Landes va réunir sous une même bannière les descendants d’Alaunos et ceux qui sont venus des nations voisines se rassembler autour du Roi.

Tristan, Maïwenn et le marais maudit. Conte

Bonjour et bonne année 2023 à chacun! Cela faisait longtemps que je souhaitais écrire un conte sur un sujet délicat et parfois difficile à aborder. Je le publie aujourd’hui sur cette page avec l’espoir qu’il sera lu et utilisé comme base de discussion, de partage et de prévention dans les familles, les couples, les groupes de jeunes… N’hésitez donc pas à le partager. Je demande seulement que son intégralité soit respectée et que mon nom d’auteur soit mentionné. J’ai repris l’univers du Royaume au-delà des Montagnes. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu les livres pour comprendre le conte. Bonne lecture!

Tristan, Maïwenn et le marais maudit.

Par un soir d’hiver où les nuits sont longues et les soirées propices aux récits des anciens, Elija rassembla quelques jeunes garçons dans la Maison du Pain.

C’était avant les grands événements qui devaient bouleverser la vie en Haute Lande et conduire au retour d’Aedan, le roi tant attendu.

Mais ce soir-là, les jeunes auditeurs, à la frontière entre l’enfance et l’âge d’homme, attardaient leur regard sur le feu crépitant dans l’âtre. Le vieux sage de la Compagnie des Écoutants y jeta quelques branches de sapin qui embaumèrent la salle cossue, où les habitants de Landemiel aimaient à se rassembler. Dans les yeux gris du vieillard, on lisait cette bienveillance que tout le monde lui connaissait, mais aussi le souci d’un homme qui avait vu beaucoup de victoires et de défaites au cours de sa longue vie.

« Laissez-moi vous conter l’histoire d’un jeune homme que j’ai bien connu jadis, et qui arpentait, comme vous, les sentiers des hauts plateaux où poussent les bruyères et coulent les ruisseaux.

C’était un soldat du roi, un homme vaillant. Il ne craignait pas les longues veillées de garde pour assurer la protection des villageois contre les raids ennemis. Nous l’appellerons Tristan. Il avait épousé une fille du village, dont il était tombé amoureux. Je l’appellerai Maïwenn, le temps que durera notre conte. Pour elle, il avait construit une bonne maison de bois au toit herbeux, un peu à l’écart du village, mais suffisamment proche pour qu’elle puisse rendre visite à sa famille quand il partait en mission.

Aux yeux de Maïwenn, Tristan était un prince. Peu lui importait qu’il fût un simple soldat. Elle s’était donnée à lui, de tout son cœur. Je me souviens encore de la noce et des guirlandes de fleurs. Je les revois danser sous la lune au son des flûtes et des tambours. Ils s’étaient promis l’un à l’autre avec toute la candeur des gens qui s’aiment et qui ne doutent pas qu’il en soit toujours ainsi.

Quand il partait patrouiller le long de la frontière, Maïwenn le guettait depuis la corniche qui surplombait leur maison. Elle tremblait pour lui, guettait son retour, et se nourrissait de la pensée de leurs étreintes et des mots tendres qu’il chuchotait à son oreille.

Tristan parcourait les chemins de ronde avec le souvenir de sa bien-aimée et il se hâtait de rentrer, dès sa mission terminée, pour retrouver celle qui avait ravi son cœur. Il évitait de passer trop de temps avec les autres soldats du Roi, une fois le devoir fini. S’il s’arrêtait en route, c’était pour lui ramener un petit cadeau, comme un gage de son amour pour elle.

Pourtant, un jour, le départ de Tristan fut assombri par une stupide querelle comme en ont tous les couples. D’ordinaire, les jeunes gens se réconciliaient avant la nuit tombée, et en tous les cas avant le départ de Tristan. Mais ce jour-là, il en fut autrement. Maïwenn était d’humeur chagrine et s’était sentie blessée par une remarque de Tristan. Elle lui tournait le dos, enroulée dans une couverture et faisant mine de dormir. Tristan comprit qu’elle n’avait pas envie de lui parler. Piqué, il boucla son ceinturon, se saisit de sa besace et de ses armes, puis sortit sans un mot, dans la brume du petit matin.

Il était parfois fatigué par ce qu’il appelait les « sensibleries » de sa femme, et il était bien décidé à lui donner une petite leçon. »

Quelques rires sous capes répondirent au récit du vieil Elija. Le conteur aux yeux rieurs se doutait bien que son histoire n’était pas de nature à capter l’attention des jeunes garçons qui attendaient sans doute une bataille ou un fait d’armes, dignes d’un soldat de valeur. Mais il poursuivit son récit sans ciller.

« Au fur et à mesure que les heures s’écoulaient, Tristan sentait monter en lui la tension qui tient le soldat aux aguets, mais celle-ci était renforcée par le sentiment d’être injustement traité, quand il prenait tant de risques pour assurer la sécurité des Hautes Landes. Il se demandait si sa femme était encore à se plaindre d’une remarque sans importance, à l’abri d’une maison qu’il avait construite de ses mains, tandis qu’il chevauchait dans un défilé obscur où l’ennemi pouvait surgir à tout moment. Et plus le temps passait, plus cette amertume l’irritait, et moins il souhaitait rentrer chez lui. Aussi, quand le soleil déclina derrière les crêtes des montagnes, Tristan décida de faire un détour pour profiter un peu de la douceur d’un soir d’été et d’un moment de solitude.Son chef le remercia pour son rapport détaillé et lui souhaita « paix et bienfaits », ainsi qu’un bon retour chez lui.

Le cavalier suivit la piste, dont il connaissait tous les contours et les moindres détails, et qui devait le ramener chez lui. Maïwenn le guettait sur la corniche, comme elle le faisait chaque soir, encore toute alourdie par ce départ sans adieux qui avait terni sa journée. Elle regrettait de ne pas s’être levée pour partager le moment qu’ils avaient coutume de passer ensemble de bonne heure. Elle avait redoublé d’efforts pour compenser sa froideur par un travail acharné, où tout ce qu’elle entreprenait était empreint d’amour profond.

Tristan se demandait comment prolonger un peu ce moment d’éloignement qui exprimait mieux que des mots sa colère mêlée de tristesse. Quelque chose lui disait de galoper vers elle et de la prendre dans ses bras. Mais il y avait autre chose qui s’y opposait, quelque chose de plus obscur et d’étranger, qui exerçait sur lui une attraction étrange à laquelle, pour une fois, il avait envie de céder.

Alors il tira sur la bride de son cheval et suivit le sentier à peine visible qui coupe par la prairie, et mène en dehors des Hautes Landes, à ce marécage insalubre dont nous n’aimons pas évoquer le nom. »

Cette fois, Elija vit passer un malaise sur le visage des jeunes gens. Quelques-uns baissèrent les yeux, d’autres froncèrent les sourcils. Jamais le vieux conteur n’avait évoqué l’existence de ce marécage dans ses récits d’aventure.

« Lorsqu’il revint chez lui, plus tard que de coutume, la belle Maïwenn était pétrie d’inquiétude, mais elle éprouva un tel soulagement, qu’elle ne fit aucun reproche à son bien-aimé. Elle se blottit dans ses bras, heureuse de retrouver la chaleur de son corps et elle lui demanda pardon pour cette stupide querelle et son attitude qu’elle regrettait vivement.

A la vue de sa femme, si belle et si tendre, il passa doucement sa main dans sa longue chevelure et murmura à son tour qu’il était désolé. Il laissa son regard se promener dans la petite pièce où elle avait allumé des chandelles et disposé des bouquets de fleurs cueillies autour de la maison. Il réalisa qu’il était rentré les mains vides, quand il aurait pu lui apporter une attention pour lui témoigner son amour. Mais l’amertume avait si bien étouffé sa tendresse qu’il était forcé d’admettre qu’il n’y avait pas pensé. Au lieu de cela, il rentrait tard, les bottes boueuses, et même s’il tentait de donner le change, il savait bien d’où il revenait.

Bien qu’elle sentît l’odeur âcre qu’il ramenait avec lui, elle ne fit aucune remarque et s’enquit de sa journée qu’il raconta dans les moindres détails, sans évoquer le détour tardif au marécage. C’était la première fois qu’il lui cachait quelque chose. Et cela lui fut pénible.

Les jours suivants, il fit de son mieux pour rentrer de bonne heure et répondre à ses attentions. Elle était belle, Maïwenn, belle et pure comme un ciel d’été, même avec ses orages, ses larmes et ses mystères. Cependant ce n’était plus tout à fait comme avant. Ce détour par les marécages avait changé quelque chose dans le regard de Tristan. Il se demandait si elle s’en apercevait. Il se disait qu’on peut toujours se tromper de chemin et que cela n’a pas de réelles conséquences tant qu’on retrouve la route de la maison.

Il y avait bien ce sentiment de dégoût pour ce lieu glauque, si éloigné de ce qui faisait la beauté des Hautes Landes. Il avait besoin de se convaincre qu’il n’était pas affecté et qu’il n’y avait pas de quoi en faire toute une histoire… D’ailleurs il était bien notoire qu’en dépit du fait que personne ne prononçait jamais le nom du marécage, ceux qui s’y rendaient à l’insu de tous n’étaient pas rares. Il avait même reconnu quelques silhouettes familières, et parmi elles des gens à l’abri de tout soupçon. S’ils s’y rendaient en cachette, tout en maintenant leur rang, leur image et leur réputation, c’est qu’il n’était pas pire que les autres. « Les autres » devinrent cet argument rassurant qui lui fit baisser la garde.

L’odeur âcre du marécage exerçait sur ses sens une attraction qu’il ne s’expliquait pas vraiment, un mélange de dégoût pour l’insalubrité et une délectation envoûtante parce que le marécage offrait précisément l’image opposée de tout ce pour quoi il vivait. Il y retourna un jour où il avait essuyé une défaite et se sentait découragé. Puis il céda le jour suivant, et à chaque fois, le mépris qu’il éprouvait pour lui-même était doublé d’une sorte de résignation face à ce qu’il appelait maintenant « sa faiblesse ».

Maïwenn restait silencieuse, mais elle sentait bien que quelque chose avait changé. Il y avait cette odeur désagréable qu’il tentait de dissimuler, et qui pourtant collait à sa peau. La pestilence du marais le suivait jusque dans l’intimité de leur chambre à coucher. Elle lui fit remarquer une odeur inhabituelle et désagréable qu’elle ne s’expliquait pas. Il contourna la question en lui parlant des risques de son métier de soldat, des territoire hostiles et parfois nauséabonds, qu’il était forcé de traverser pour assurer leur sécurité à tous. Elle y crut d’abord, mettant l’humeur maussade de son mari et la distance qu’il marquait entre eux, sur le compte des préoccupations d’un époux dévoué et d’un soldat fatigué.

Pourtant, plus le temps passait, plus elle était hantée par une sourde angoisse. Des pensées lui venaient, qu’elle ne voulait pas accueillir, car le soupçon que son bien-aimé puisse lui mentir ou trahir leur amour lui paraissait odieux. Elle se sentait terriblement coupable de ses doutes et faisait son possible pour trouver des explications à ses gestes plus brusques, son désintérêt pour elle, ses effluves repoussantes qui émanaient de sa personne. Parfois, il les compensait par un excès soudain d’attentions et de mots tendres qui la rassuraient momentanément. Alors elle éprouvait du remord à se faire des idées mensongères au sujet de celui qu’elle regardait comme un prince des Hautes Landes.

Mais les femmes sentent les choses », continua le vieux conteur en jetant un regard oblique au couple qui était entré depuis quelques instants dans la Maison du Pain, afin de s’y réchauffer en bonne compagnie.

« Les nuits de Maïwenn étaient agitées par des cauchemars pleins d’ombres furtives et de dangers menaçants. Son ventre se nouait à tout moment. Son âme n’avait plus de repos. Elle avait beau faire le ménage, laver les draps, décrotter ses bottes, l’odeur fétide imprégnait leur maison et elle savait , au fond d’elle-même, d’où venaient ces relents qui lui donnaient la nausée.

Un jour, n’y tenant plus, elle le suivit, de loin, dans la pénombre du crépuscule. C’était la fin de l’automne. Ses pas la conduisirent sur le chemin qu’elle redoutait, hors des frontières des Hautes Landes.

Son cœur battait à tout rompre. Elle espérait encore se tromper. Elle souhaitait de toutes ses forces qu’il ait une bonne raison de venir jusqu’à ce marais maudit, dont elle avait entendu parler sans jamais y être allée.

Mais ce qu’elle vit la glaça. Le marais était aussi sordide que les rues basses d’Astériath. Dans les eaux troubles du marécage, des créatures, hommes et femmes, se donnaient en spectacle sans pudeur ni respect de soi. Maïwenn avait entendu dire que les créatures du marais étaient parfois des esclaves embourbés dans les sols mouvants d’un lieu où ils étaient enchaînés de force. Mais il y avait aussi ceux qui s’y trouvaient de plein gré et qui rivalisaient d’une bestialité repoussante.

Elle le vit, au bord de l’étang, les yeux rivés sur ce spectacle dont il ne faisait aucun doute qu’il exerçait sur une lui une fascination malsaine. Maïwenn ne regardait pas le marais, elle le regardait lui, ce prince englué dans la boue, et ce qu’elle vit sur son visage et dans ses yeux lui rappela ces regards qu’elle ne lui connaissait pas jadis, et qui l’avaient transformé, au fil des semaines. Il lui sembla soudain que le prince était devenu un crapaud pour lequel elle éprouvait une répulsion aussi soudaine que violente.

Maïwenn se détourna et courut dans la nuit, perdue, anéantie. »

Les jeunes compagnons d’Elija écoutaient ce récit qui heurtaient les uns et embarrassaient les autres.

L’homme, qui était entré avec sa femme, lui fit remarquer qu’Elija racontait là une histoire sans éclat ni intérêt, et il s’empressa de la pousser dehors, car il en avait assez entendu.

Comme le vieil homme, fatigué, marquait une longe pause, l’un des garçons l’interpella.

– Si Tristan était allé au marais avant de devoir rendre des comptes à sa femme, cela n’aurait dérangé personne, affirma-t-il hardiment.

– Plusieurs des jeunes rassemblés tournèrent vers Elija des yeux inquisiteurs. Ce dernier perçut parfaitement l’enjeu de la question. Il avait choisi de leur partager cette histoire précisément parce qu’il devinaient l’attrait que le marais maudit exerçait sur certains d’entre eux et il en connaissait les dangers.

– Si Tristan y était allé avant de connaître Maïwenn, il n’aurait pas trahi sa confiance, mais il aurait traîné avec lui cette odeur qui imprègne peu à peu les vêtements et qui surtout salit le regard et les pensées. Quand le marais s’installe dans ta tête, il est difficile de s’en défaire. Les puissances d’Astériath le savent et c’est bien ce qu’elles espèrent : enchaîner des hommes, les avilir et détruire leur idée de l’amour.

– Et transformer des princes en crapauds, ajouta le plus jeune. Comme Elija lui souriait, il se risqua à demander la suite de l’histoire.

Maïwenn ne rentra pas chez elle cette nuit-là, reprit Elija. Le lendemain, elle brûla tout ce qui était souillé, et elle confronta Tristan lorsqu’il revint au petit matin. Tristan était bouleversé. Il lui jura qu’il n’avait rien fait d’autre que de regarder ce spectacle navrant. Il était désolé et visiblement honteux. Il ne sentait plus digne de se rendre à la Maison du Pain. Il avait l’impression de traîner avec lui les effluves pestilentielles de ce marais qu’il aurait voulu ne jamais connaître. Il sentait combien il avait blessé Maïwenn. Il implora son pardon, avec un air de chien battu, mais elle ne pouvait plus le regarder comme avant. Elle se sentait trahie et elle souffrait. Tristan tenta de lui dire qu’elle était plus belle et plus pure que tout ce qu’il avait jamais vu et qu’il ne fallait pas qu’elle se croie moindre à ses yeux. Il lui dit qu’il ne s’expliquait pas vraiment cette fascination pour le marécage et ses créatures. La jeune femme, qui l’avait toujours aimé passionnément, se surprit à se demander ce qu’elle avait pu faire pour lui déplaire. Fallait-il qu’elle lui prouve son amour en lui donnant elle-même ce qu’il allait chercher dans cet endroit sordide ? N’avait-elle pas tout donné ? Mais elle comprenait que pour le satisfaire, elle devrait se renier elle-même et s’avilir. Car Tristan ne venait pas chercher davantage de beauté, mais bien l’étrange sensation que lui procurait la perversité des ombres du marécage. Elle ne pouvait pas, elle ne voulait pas le conquérir sur ce terrain glissant. Tout ce qui avait fait le charme et la beauté de leur intimité avait maintenant un arrière-goût malsain qui la repoussait. Comme il ne trouvait plus chez elle cette admiration éperdue et qu’il se sentait mis à nu, Tristan devint aigre et revendicateur. Il se mit à reprocher au roi, Aedan, les coups reçus au combat, les échecs et les blessures qui avaient fait de lui un soldat fatigué, en proie à la faiblesse. Il l’accusa elle, de ne pas avoir su le retenir, et il lui fit des reproches continuels sur tout ce qu’elle faisait de travers, comme s’il avait besoin de lui faire sentir qu’elle ne valait guère mieux que lui. Elle resta hésitante à se demander que faire. La honte et le chagrin la repliaient sur elle-même. Finalement, elle vint frapper à notre porte. Ma chère femme, qui était encore sur ce versant du monde, passa de longues heures à l’écouter et à la réconforter. Quant à moi, je suis allé trouver Tristan et nous avons parlé un peu. Je savais que tous les discours ne serviraient à rien, car j’avais déjà vu plusieurs de ses semblables s’endurcir au point de ne plus vouloir vivre en Hautes Landes. Alors, j’ai demandé à Tristan s’il voulait m’accompagner aux frontières du Royaume sans Nuit. Je savais qu’Aedan y viendrait. Il fallait qu’il le voie, qu’il lui parle, et qu’il retrouve le goût des terres de beauté.

– Est-ce que Tristan t’a écouté ? demanda un garçon aux cheveux en bataille, qui s’impatientait de connaître la fin du récit.

– Toutes les histoires ont les fins qu’on leur donne, répliqua le vieux maître. On ne choisit pas les événements qui nous frappent, mais on choisit la manière dont on les traverse. Tiens, Robin, voici deux clés. Chacune d’elles ouvre une porte, soit vers la lumière, soit vers les ténèbres. Choisis-en une et nous verrons. Perplexe, Robin désigna l’une des clés. Elija saisit un codex des annales des Hautes Landes et glissa la petite clé dans la serrure qui scellait le livre. Il y trouva des lignes tracées par la main d’un scribe, dont l’office était de tenir des comptes précis de tout ce qui touchait les habitants de Landemiel. Le vieux conteur entreprit de les lire. « Tristan répondit qu’il n’était pas prêt à un tel voyage. Il se sentait indigne de rencontrer son Roi. J’eus beau lui dire que le Roi serait heureux de le revoir, il remit la visite à plus tard et chaque fois que je lui adressais une invitation, il se rebiffait poliment derrière une nouvelle excuse. On avait besoin de lui aux frontières. Il était fatigué. Le marais avait perdu de son attrait, pourquoi aller déranger le Roi ? Sa femme ne comprendrait pas son absence. En réalité, Tristan ne voulait pas de cette rencontre avec un Roi dont il n’était plus sûr d’être encore le sujet. Maïwenn le pressa de m’accompagner aux frontières du Royaume au-delà des montagnes. Il n’en fit rien. Il se fit plus froid, jusqu’au jour où il lui fit comprendre qu’il n’était plus question de lui parler de son royaume et de son roi. Elle comprit ce jour-là qu’il était devenu étranger aux Hautes Landes et qu’il y vivait encore sans y être de son plein gré. Lui qui avait été l’un des sentinelles d’Aedan, lui qui protégeait les terres contre les incursions du Prince Noir et de ses troupes, il en était venu à nier le danger qu’ils représentaient. Ce n’était plus seulement le marécage et ses relents qui dressaient entre eux des tranchées profondes, mais la manière dont ils vivaient leur allégeance ou leur rébellion au Roi. Ils finirent pas se séparer.

Maïwenn en éprouva de la tristesse, mais aussi un soulagement. Cependant sa confiance avait été profondément meurtrie. Il lui fallut beaucoup de temps pour la retrouver. Elle quitta cette maison qui avait été construite avec amour et dans laquelle elle ne pouvait plus vivre désormais. Tristan s’éloigna de Landemiel, avec un mélange de regrets et d’amertume. Les annales racontent qu’il serait en Astériath. Je ne doute pas que le Roi Aedan continue de le chercher, car il n’est pas trop tard pour rebrousser chemin. Mais il a perdu Maïwenn. Elle a rencontré un homme des Hautes Landes qui lui a redonné courage et l’a épousée. Ils s’aiment et vivent dans un hameau non loin d’ici. Maïwenn est heureuse, mais il lui a fallu beaucoup de temps pour retrouver la confiance brisée. Il y a des blessures qui mettent du temps à cicatriser. »

– Et l’autre clé, qu’ouvre-t-elle ? demanda un autre garçon intrigué.

Elija ouvrit le deuxième codex. Celui-ci est d’un blanc immaculé, comme une page nouvelle où les ratures du passé sont effacées au fur et à mesure que l’histoire est écrite avec Aedan. Un sourire se dessina sur les lèvres du vieux conteur. Il reprit le récit là où il s’était arrêté, au moment où il avait invité Tristan à l’accompagner pour aller à la rencontre du Roi.

– Laquelle de ces fins ont-ils choisi de vivre ? se risqua le plus jeunes des garçons.

– J’ai connu bien des Maïwenn et des Tristan, répondit Elija. Leurs chemins ont été différents. Mais la vraie question, chers amis, c’est ce que vous ferez, vous.

Elija se releva avec un peu de peine, car son vieux corps était engourdi par les douleurs de l’âge. Il se calfeutra dans son épais manteau et ouvrit la porte de la Maison du Pain. Le vent froid et la neige s’engouffraient dans les ruelles de Landemiel. Le vieil homme se retourna et regarda ses jeunes amis qui le remerciaient pour cette histoire étrange aux deux versants.

– Le mieux, dit-il, c’est de garder votre cœur. Ne vous éloignez pas du Roi. Je ne l’ai jamais regretté.

Et il disparut au détour du chemin.

Un conte de Nathania Clark ( publiée précédemment sous le nom Nathania Boschung)

Communauté d’Aedan, bonjour! Quête 3

Chapitre 4 Alauda

Alauda, « petite alouette », une Aria débordante de vie.

Ce chapitre a été assez difficile à écrire puisqu’il met en scène la chute tragique d’Alauda, une jeune Aria proche du roi au-delà des montagnes avec lequel elle a des liens si forts qu’ils sont ceux d’une relation rêvée entre un père bienveillant et une Aria qu’il considère comme sa fille. En tant que romancière, il m’était pénible de donner la vie à une jeune Aria féconde de vie et attachante et de devoir l’abîmer, en décrivant les mécanismes de sa perte, pour enfin la transformer en ce monstre cynique qu’elle devient au fil des chapitres et des livres. Et je me suis dite que nos éloignements, nos errances et nos rébellions sont aussi source de peine et de souffrance pour ceux qui nous ont donné la vie, aimé, laissé grandir. Pourtant, au commencement, il n’y avait aucune ombre au tableau… L’Aria grandit avec l’assurance parfaite d’être aimée.

Intriguée par le monde des hommes, elle demande la permission de porter au-delà des montagnes le chant d’éveil du printemps inspiré par la bienveillance du Souverain.

«  Qu’elle était belle et pure, Alauda, le jour où elle laissa derrière elle les vallées fertiles de sa patrie ! Le Souverain lui confia Adalwin, son fidèle coursier, afin qu’elle traverse les montagnes sans se fatiguer. L’herbe des prairies ondoyait sous la brise et les arbres frémissaient de plaisir à son approche, car elle était vive comme un ruisseau des collines et son chant était doux. » (p.53)

Comment décririez-vous Alauda lorsqu’elle se met en route ? Quelles sont ses motivations ? Comment comprend-elle son rôle ?

Vulnérable, mais pourtant invicible

« A l’approche de la frontière, elle sentit le vent fraîchir. Ce n’était plus le souffle bienveillant de son pays, mais un vent glacé qui venait de la plaine en aval. (…) Pour la première fois de sa longue vie, Alauda se sentit gagnée par un sentiment étrange qui lui glaçait le coeur et nouait ses entrailles. Elle était seule, loin de son peuple, loin de son roi. »(p.54)

Le sentiment de crainte qui pourrait l’envahir est refoulé par sa confiance. « Car j’emporte avec moi la chaleur de mon pays, car je porte sur moi l’empreinte de ma patrie. Dans le froid de l’hiver, je murmure un chant qui me vient de mon père et réveille le printemps ».

Alauda est de fait invulnérable. Du moins tant qu’elle demeure dans cette attitude de fidélité à son souverain. Lors de sa première rencontre avec le Félon, elle a le pouvoir de le repousser, aussi s’éloigne-t-il sans pouvoir lui faire de mal. Pourquoi ? Quels sont les garants de sa protection ?

Le Chant d’Alauda

https://youtu.be/i_6vroads3U

Du premier faux-pas au point de non-retour.

Mais vient le moment où Alauda, émue par la dévotion des hommes, s’attarde un peu trop longtemps… Son destin est sur le point de basculer. Cet échange avec le Félon illustre bien l’enjeu :

Alauda:- Je ne suis pas une traîtresse à la maison du roi. J’ai seuelement commis un écart de conduite, mais je compte rentrer à l’aube.

Le Prince Noir : – Bien sûr… Tu es venue chercher une dernière fois le frisson de la gloire. Oh Alauda, ce serait tellement dommage de t’en aller sans avoir goûté à l’adoration absolue…

Alauda : -Ils me vénèrent… Ils ne devraient pas, mais ils m’aiment comme si j’étais une déesse. »

Quels sont les choix qui vont la conduire à perdre la protection du roi et à se perdre ?

Quel sentiment la pousse à se laisser « voir » et convoiter ?

Si vous deviez définir par un mot la racine de sa chute, quel serait-il ?

Pouvez-vous voir une similitude entre la chute du Grand Chantre qui devient le Prince Noir ( Dubumaglos) et celle d’Alauda ? Et quelles sont leurs différence ?

Alauda aurait-elle pu se ressaisir et regagner sa patrie ? A quel moment son destin est-il joué ?

Qu’est-ce qui l’empêche de rentrer et de demander pardon au roi dans l’espoir de retrouver le Royaume de beauté ?

Alauda change de nom pour marquer le changement de son identité profonde. Le Félon lui donne le nom d’Archane. Le subtil désir d’être admirée, presque innocent la première fois où elle rencontre un regard admiratif, se mue en une soif de domination qui la ronge. Et son sentiment d’injustice après que le Félon l’ait abusée se transforme en une amertume source de violences.

Archane, Alauda des années après sa rébellion.

Dans l’intimité de votre jardin secret…

Dans l’intimité de votre jardin secret, vous pourriez prendre un moment pour réfléchir à ces mécanismes dans votre existence. Y a -t-il eu des blessures non guéries qui engendrent un peu d’amertume ? Vous arrive-t-il de prendre conscience que cette amertume vous contrôle par moments ? Y a t-il un besoin peut-être légitime, d’être reconnu(e) ? Ou même adulé(e), admiré(e) et que cela est devenu si important qu’il vous est nécessaire ? Et si vous pouviez rebrousser chemin et rentrer à la « maison », retrouver l’innocence perdue, non par un retour à l’enfance, mais par le pardon et la guérison intérieure ?

« On raconte qu’Archane ne s’est jamais remise de sa folie. Elle est déchirée entre la soif de domination et l’amertume d’avoir dilapidé son héritage pour une illusion. Quant à savoir si elle regrette l’Ancien et le royaume de beauté, je ne saurais le dire. Il y a là un mystère si noir que je ne puis le percer, Au-delà des montagnes, on a pleuré la mort d’Alauda, Mais Archane ne cessera jamais d’être une ennemie et je sais, pour ma part, quelle peut être sa cruauté ».

Communauté d’Aedan, bonjour! Quête 2

Chapitre 3 La fondation d’Astériath

Le temps a passé depuis l’exil d’Orbios et de Sentice. Leurs enfants ont eu des enfants et les hommes se multiplient au cours des générations jusqu’à former 6 royaumes : Le peuple d’Illiac, le peuple de Myr, le peuple des Côtes Blanches, les royaumes du Sud des rois Malik, Hahn et Azir. Ce sont les trois premiers peuples qui vont être les plus présents dans la trilogie du Royaume au-delà des montagnes. Ces royaumes commercent entre eux, mais se livrent aussi des guerres incessantes. Néanmoins, les six rois s’accordent une trêve une fois l’an et se rencontrent au cercle de pierres pour négocier la paix.

C’est au cours de l’un de ces sommets que Baïtos, roi d’Illiac, propose une union durable :

« Ennemis, nous avons gravi la colline. Nos armes étant déposées à l’extérieur du cercle, nous passons le seuil sans intention belliqueuse. Je viens vous proposer davantage qu’une trêve : je vous propose un rêve qui fédérera nos six royaumes. Nous pourrions sortir du cercle en étant durablement unis. Nos peuples connaîtraient la prospérité et nous serions les rois les plus puissants que le monde ait connus. Cessons de pleurer sur la perte d’Aiucumba. Nous gardons la nostalgie de la combe d’éternité , mais nous serions bien à plaindre si nous devions rester prostrés sur un souvenir qui tient de la légende. Nous devons porter nos regards sur l’avenir et nous montrer assez courageux pour le forger nous-mêmes. » ( p.36-37)

Une alliance contre nature

Cette alliance, acceptée à l’unanimité, sera pourtant plus difficile à mettre en œuvre. Quelles sont les motivations qui réunissent ces rois ennemis autour d’un projet commun ?

Trouvez-vous, dans notre Histoire et à l’heure actuelle, des alliances similaires ? Quelles en sont les traits principaux ? Comment les définir ?

Devant la taille ambitieuse des projets de Baïtos, les rois ressentent le besoin d’une confirmation par un oracle. C’est précisément là qu’intervient ce mystérieux messager providentiel. (p.37 et suivantes). Il livre une sorte de prophétie qui va mener les rois à entreprendre la construction de la forteresse d’Astériath à l’endroit précis désigné par lui-même. Baïtos, plus malin que les autres, va chercher à percer l’identité du messager, mais il n’en sera pas moins berné.

A la lecture de ce chapitre, que pensez-vous de cet oracle (le messager)  ? Que cherche-t-il à faire ?

La tour d’Astériath

Au cœur de la forteresse, se dresse la tour construite par les six rois. A quoi cet édifice vous fait-il penser, au propre comme au figuré ? Y a-t-il dans notre Histoire ou nos mythes, des événements similaires ?

Arrêtez-vous un instant sur la description de la tour ( fin de la page 44 et p.45) : L’intérieur de l’édifice était destiné à recevoir les membres des délégations des six nations. La base était un cellier où s’entreposaient les réserves de vivres et les matériaux nécessaires à la construction, On y trouvait également les salles où s’entassaient les esclaves quand le froid ne permettait pas de les maintenir dehors avec les bestiaux. Les étages suivants étaient réservés à l’armurerie et au corps des gardes. Ceux-ci devaient s’assurer que nul ne pouvait atteindre un étage supérieur é celui de sa caste. Puis venaient les salles dédiées aux artisans, aux maîtres-artisans, aux architectes, astrologues et autres savants, de même qu’aux nobles guerriers liés de près à la royauté. Le passage d’une chambre à l’autre devait s’effectuer selon un rituel très réglementé sur lequel Baïtos travaillait d’arrache-pied. Il fallait éviter que des conspirations ne prissent naissance dans cet univers clos rassemblant des hommes de haute et de basse extraction. Mieux encore, il fallait éviter qu’ils puissent se côtoyer. Ainsi avait-on aménagé des portes et des escaliers d’évitement…. »

Que peut-on dire de cette organisation ? Quels sont les objectifs du système ? Cela vous fait-il penser à des organisations ou systèmes culturels de notre monde ? Lesquels ?

Un cuisant échec doublé d’une effrayante réalité

Ce prestigieux projet ne sera jamais complètement achevé. Quelles en sont les raisons ?

(p.46-47) Pourrait-il y avoir un lien entre la fin du projet tel que rêvé par Baïtos et la nature de l’alliance qui unit les rois des six royaume ?

La fin tragique de Baïtos est perçue comme une folie par les autres rois. Mais dans sa folie, Baïtos ouvre enfin les yeux. Qu’a-t-il compris et pourquoi perd-il espoir ? Quelle était la nature du pacte qui le liait au messager? Quel était l’identité de ce dernier? Est-il possible de vivre une priise de conscience semblable à celle de Baïtos sur notre versant du monde?

Spotted Horse Trading Post

Des activités ludiques pour découvrir les Amérindiens d’une manière authentique

Comme nous travaillons au projet depuis un bout de temps, c’est avec joie et reconnaissance que nous vous annonçons l’ouverture de notre Spotted Horse Trading Post. Nous avons enfin trouvé le lieu idéal pour proposer des activités destinées aux enfants les mercredis après-midi, sur le thème de la découverte des Amérindiens. Cela se passe au Ranch du Bois d’Archan, près de l’Abbaye de Montheron, au nord de Lausanne, en pleine campagne. Notre vision est de faire connaître les peuples autochtones d’Amérique du Nord d’une manière ludique, mais pertinente, loin des clichés habituels. Cest aussi l’occasion de faire de l’artisanant, de la cuisine, des jeux et de jouer autour de valeurs telles que le respect, le partage, la réconciliation.

En marge de ce projet, nous restons disponibles pour organiser des animations dans les écoles, UAPE, institutions, groupes de jeunes, anniversaires, églises, etc… Pour les animations de groupe telles que décrites ci-dessus, merci de prendre contact avec nous . Les tarifs de groupe peuvent varier selon les activités car nous préparerons un projet avec vous.

Et maintenant, il ne reste plus qu’à découvrir la palettes des animations des mercredi saprès-midi au Ranch du Bois d’Archan, voilà le programme! (ci-dessous)

Infos et inscriptions par mail: nathaniaclarkbesse@gmail.com ou par téléphone au 078 880 11 69. Visitez le site internet: http://www.spottedhorsetradepost.com

recto du flyer
verso du flyer

Installé dans la galerie qui surplombe le manège, notre Trading Post est presque totalement aménagé et sera prêt à accueillir les enfants dès le 17 mai.

Il n’est malheureusement pas accessible aux enfants et adultes à mobilité réduite, car il y a un escalier étroit pour y accédrer. Cependant, nous pourrions éventuellement avoir l’occasion d’utiliser le « saloon » si nécessaire. Nous nous déplaçons volontiers dans les institutions pour permettre aux jeunes limités dans leurs mouvements de pouvoir profiter d’animations adaptées à leurs besoins. Une animation dans un refuge serait aussi tout-à-fait possible. N’hésitez donc surtout pas à nous contacter!

Le cadre du ranch permet aussi de voir les chevaux et de découvrir les cours proposés pour ceux qui le désirent.

Empreintes amérindiennes

Bonjour tout le monde !

Le temps passe et je n’ai pas repris la plume ces dernières semaines, la vie familiale étant bien remplie ! Comme promis, je reviens ce soir sur les romans « amérindiens » avec quelques anecdotes personnelles qui trouvent leur écho dans les deux livres ; « Quand souffle l’Esprit sur la plaine » et « Des quatre vents souffle l’Esprit ». Comme souvent, lorsque j’écris un roman, la fiction se mêle à des éléments biographiques, d’une façon ou d’une autre.

Tout avait commencé dans ma prime jeunesse, avec un disque pour enfant que j’écoutais sur le vieux pick-up de mes parents. L’une des chansons mentionnait les différents peuples de la terre. La strophe qui marquait mon jeune esprit était celui qui parlait des Indiens chaussés de mocassins et marchant sur la piste de la vie. Quelque chose m’avait impressionné alors, sans que je ne puisse dire pourquoi. Comme tous les enfants, mon imaginaire était frappé par les Amérindiens et je passais des heures à jouer « aux Indiens » avec mes amis dans la forêt.

A l’adolescence, j’ai reçu un livre relatant la vie d’une jeune Kickapoo arrachée à sa réserve et confrontée au monde des Blancs. Le titre était « Vent-qui-pleure ». Au fil des pages, je l’ai suivie dans sa recherche et les méandres de son existence jusqu’à ce qu’elle découvre la vraie liberté et le pardon. A la même époque, au collège, mon enseignante d’histoire abordait la problématique des minorités ethniques aux États-Unis. Si les Amérindiens n’ont fait l’objet que d’une ou deux leçons, ce sont eux qui m’ont marquée en profondeur, dans ce statut « d’entre deux mondes » qui les caractérisent. Les moments de fractures entre une civilisation et une autre, semblent produire en moi une fascination que j’ai retrouvée dans mes recherches concernant l’érosion de l’Empire romain et le glissement vers le Haut Moyen-Âge. Dans les deux cas, les gens ont dû faire preuve de résilience quand leurs vies, leurs certitudes, ont été ébranlées par des changements souvent brutaux et la nécessité de s’adapter pour survivre.

Cette curiosité vient-elle du fait que ma propre vie a été marquée par de nombreux événements forts et inattendus, exigeant cette même résilience ? Ou ces récits sont-il pour moi des lieux d’identification et de ressources ? Probablement un peu des deux.

En tous les cas, c’est en 1988 que je foule, pour la première fois, le sol américain alors que je m’apprête à suivre une formation qui m’emmène à Hawaii puis au Japon. Je retrouve ma famille séjournant en Alabama. Nous passons quelques jours en Floride, dans les Everglades, avant de nous envoler pour les îles du Pacifique. Là, j’insiste pour que mon père m’emmène sur la réserve des Séminoles. Court passage sur un territoire indigène qui produit un écho intérieur indéfinissable. Mon père m’offre une paire de boucles d’oreilles amérindiennes en perles et aiguilles de porc-épique faites par une femme âgée au beau visage buriné.

Quelques années passent et je me marie. Le film « Danse avec les loups » réanime le feu qui couvait sous la cendres et touche particulièrement mon premier conjoint. De ce film magnifique et un peu romantique, naît un élan qui va nous amener à chercher comment servir ces peuples amérindiens.

En septembre 1993, nous nous envolons pour Denver avec la soif de découvrir les grandes plaines américaines et ses premiers habitants. Durant un mois, nous traversons les États-Unis de Denver au Dakota du Sud, où nous visitons la réserve de Pine Ridge (scène du premier roman), en poussant jusqu’à Crow Agency, dans le Montana. Puis nous descendons vers le Sud en passant par le Yellow Stone, le Wyoming et l’Utah, l’Arizona à deux pas de la frontière mexicaine avant de remonter à Pine Ridge où nous avons pleuré et prié sur le site de Wounded Knee.

Notre traversée des Black Hills m’a laissé un souvenir impérissable, comme cette fin d’après-midi où la lumière ambrée de septembre caressait les pentes boisées et la prairie ondulant sous la brise. J’aspirais à rencontrer des bisons et j’avais prié silencieusement pour en voir lorsque, au sommet d’un dos d’âne, nous vîmes cet immense troupeau paisible que je décris à travers le regard de Charlotte.

« …et ils se retournèrent au milieu d’un troupeau d’au moins deux cents têtes. Elle en eut le souffle coupé. Ils étaient là, paisibles, énormes pour la plupart, ces bisons sauvages qui peuplaient jadis les plaines du continent. Des mères allaitaient leurs petits veaux laineux, des mâles imposants mesuraient leur force. Leurs larges encolures arboraient une abondante fourrure presque noire et leurs têtes surmontées de cornes robustes gardaient cependant une expression pacifique, presque amicale, tant leurs regards étaient doux.

Les voyageurs demeurèrent là un long moment, émerveillés. Ils étaient spectateurs de la vie dans toute sa puissance et sa fragilité. De quelques bisons survivants aux massacres était descendu un troupeau qui n’avait pas de mémoire pour souffrir, seulement un appétit de vie reçu à l’aube du monde. Mais de qui ? »

Quand Charlotte se pose cette question, elle ignore que ses vacances vont être heurtées de plein fouet par un accident qui va la plonger dans un univers très différent du sien. Armée de ses bonnes intentions et de sa vision occidentale, humaniste, forgée par une enfance feutrée dans une famille bourgeoise et des études en sciences po, elle découvre une autre réalité. Sa vision du monde n’était pas la mienne, mais je suis passée moi aussi par les bancs de l’université de Lausanne et les cours de sociologie qui l’ont quelque peu formatée. Elle fait au moins preuve d’une ouverture d’esprit et d’une sensibilité louables qui vont lui attirer la sympathie de ses hôtes amérindiens. Mais il faudra la franchise de Sean, un jeune militant Lakota, pour lui faire prendre conscience de sa vision de l’Amérindien noble et proche de la nature aussi romancée et paternaliste que le Bon Sauvage de Jean-Jaque Rousseau.

Plongée dans l’univers de la réserve, avec ses bicoques déglinguées, les carcasses de voitures traînant auprès des maisons et la radio de Pine Ridge qui relie les membres de la tribu par les ondes, Charlotte rencontre des Lakotas de tous bords. Elle découvre la diversité de pensée, de croyance florissant sur le territoire des Lakotas. Je me suis largement inspirée de mes souvenirs pour décrire la vie sur la réserve et j’ai bien sûr complété mes connaissances par un bon nombre de lectures et de discussions avec mes amis amérindiens.

En effet, après notre voyage, nous avons cherché à approfondir nos connaissances et à créer des contacts. Après la naissance de nos trois enfants, nous repartons dans le Dakota du Sud pour dix jours de voyage et un rassemblement des peuples indigènes unis autour de la foi en Jésus-Christ.

Maoris de Nouvelle-Zélande, Aborigènes d’Australie, Amérindiens de nombreuses tribus des Etats-Unis et du Canada, Africains, Saamis de Finlande, tous ces gens étaient assemblés pour représenter leur culture et chercher ensemble comment panser les blessures laissées par les violences de la colonisation. Ce qui peut sembler un paradoxe, le fait qu’ils se soient assemblés en partageant une foi commune, apportée par les nations qui les ont colonisés, était précisément la source du mouvement de pardon et de guérison dont ils se réclamaient. Parmi eux, plusieurs sont devenus des amis. Nous les avons invités par la suite à venir dans nos pays pour devenir à leur tour des porteurs d’espérance et défricheurs de terre au sens spirituel.

Plusieurs nous ont quitté depuis, comme notre ami Richard Twiss, Lakota et fondateur du mouvement Wiconi. Tout récemment, c’est notre ami Bryan Bright Cloud, Apache et acteur dans le film Little Big Man, qui est passé sur l’autre versant du monde avec la ferme espérance qui était la sienne.

D’autres sont toujours actifs dans leurs communautés, comme Jonathan Maracle, Mohawk et musicien du groupe Broken Walls ou Robert Soto, Apache Lipan, pasteur et vice-président de sa tribu. J’ai réuni un peu de chacun d’eux dans ce roman sous les traits de Michael Yellow Eagle.

Le jour où Charlotte le rencontre pour la première fois, elle se retrouve embourbée avec Sean, après un dérapage peu contrôlé de leur vieille voiture, sur une route boueuse de la réserve au lendemain d’une nuit d’orage. (Cela aussi est inspiré d’une de nos aventures avec notre petite Ford Mustang de location.) « Un homme d’environ quarante-cinq ans ouvrit la porte du fourgon et en sortit avec une corde. Il était grand, foncé de peau. Ses cheveux longs étaient tressés. Il portait un chapeau de feutre noir, un gilet multicolore aux motifs amérindiens, un T-shirt noir, des jeans et une paire de baskets. » Passée la surprise de rencontrer ce pasteur atypique, Charlotte va peu à peu chercher à comprendre sa démarche.

Les semaines passées sur la réserve indienne vont lui en dévoiler toutes sortes de facettes bien différentes de ses préjugés et des images véhiculées par Hollywood. Elle se lie d’amitié avec Sean, ce garçon solitaire qui part en quête de vision et se prépare à la danse du soleil. Elle devient aussi l’amie de Kayla, la fille du pasteur, forte et fragile à la fois, et de June, qui tente d’oublier ses ennuis en s’ennivrant des vapeurs de solvants.

Prise dans les remouds de la vie de la réserve, elle part à la découverte du Montana et du Yellow Stone en suivant l’itinéraire de mon voyage. La traversée d’une route caillouteuse, sans eau, pour couper à travers les montagnes, est inspiré directement de notre aventure. «  La route était déserte. Juste au-dessus d’eux, un aigle décrivait des cercles dans le ciel.

-En voilà un qui guette une panne, dit Charlotte qui ne se sentait plus tellement rassurée à l’idée d’être perdus dans les montagnes, sans roue de secours et sans vivres.

– Mais non, dit Michael qui se voulait rassurant. Chez nous, un aigle qui plane est une image de la bienveillance du Créateur. Tu verras, on passera. »

Et bien cet aigle décrivait des cercles au-dessus de notre voiture dans les mêmes circonstances. C’est mon ami Dan LaPlante qui m’a appris, plus tard, ce que symbolise l’aigle . Je l’ai mis dans la bouche de Michael Yellow Eagle. De même, ces moments de partage ont largement inspiré ce que partage le personnage de ma fiction.

Bien des années ont passé depuis le jour où j’ai écrit ces deux romans. Nous avons espacé nos contacts avec nos amis amérindiens, car la vie nous menait vers d’autres priorités et le handicap de l’un de nos enfants ne nous permettait pas de songer à immigrer. Le décès de Richard Twiss avait interrompu une collaboration par-delà les océans. L’amitié demeurait, indéfectible, mais en arrière-plan.

Notre vie de famille a connu des épreuves difficiles et un divorce. Jamais je n’aurais imaginé vivre cela, et jamais je n’aurais imaginé non plus me lier d’une amitié particulièrement profonde avec l’un des amis du cercle des Apaches Lipans du Texas. Cette amitié s’est forgée autour de l’amour d’un peuple dans un moment où j’avais particulièrement besoin de soutien. Elle s’est surtout renforcée dans une démarche de foi commune et une vision qui nous a conduits à nous marier. L’humour de la vie veut que mon mari porte le prénom de Michael, comme dans le roman. De ses racines à la fois blanches et en partie indiennes, Michael a développé un attachement à la culture autochtone. Ses ancêtres ont compté des colons venus du pays de Galle, d’Irlande et de Hollande au cours des siècles, mais aussi des Amérindiens dont la mémoire a passé au travers des histoires de la famille. Il a acquis des connaissances et un savoir-faire qu’il aime partager aujourd’hui alors qu’il vit ici, avec nous, en Suisse. S’il n’a pas grandi sur une réserve, il a connu une enfance et une jeunesse assez semblable à celles de ces adolescents meurtris et sans espoir qui grandissent au sein de familles dysfonctionnelles et pauvres. Comme June et des milliers de jeunes sur les réserves, il a failli mettre fin à ses jours. La lame de rasoir était déjà sur les veines de son poignet, et il serait sans doute mort s’il n’était pas tombé inconscient à ce moment précis.

Il aura fallu de nombreux chemins de traverses et des voies sans issue pour qu’il trouve enfin « The good Road », non comme un code de conduite, mais dans une personne, Yeshua, chemin de guérison et de résurrection.

Et quand je repense à tout cela, et à la petite fille de cinq ans que j’étais, écoutant cette chanson sur le vieux pick-up de mes parents, cette strophe qui avait allumé une petite flamme qui ne devait jamais s’éteindre, je me dis que le Créateur connaît les chemins sur lesquels nous pouvons le suivre, malgré nos détours, nos échecs et nos tragédies. Il y a toujours de l’espoir « quand souffle l’Esprit sur la Plaine ».

Communauté d’Aedan, bonjour ! Quête 1

L’un des objectifs de ce blog est d’offrir à chacun des lecteurs, familles, groupes de jeunes, etc… qui s’aventurent dans le monde des six royaumes, une possibilité d’approfondir la lecture par une quête de sens sous la forme d’une chasse au trésor. Comme partagé avec vous dans mes articles dédiés au rapport entre fiction et réalité, on peut lire les livres de la trilogie fantastique comme une aventure épique, ou augmenter l’expérience en pénétrant plus profondément dans le récit pour y chercher des indices qui nous renvoient à notre réalité, notre vie, notre monde. C’est là que j’attends les curieux ! Armez-vous de perspicacité et d’intuition et partons ensemble en quête se sens. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à utiliser les commentaires pour les poser et j’y répondrai dès que possible. Vous êtes prêts ?

1. Alors commençons par le commencement : Les Fils d’Orbios, chapitres 1 & 2 .

« Tout a commencé longtemps avant que le premier homme ne foule notre terre. En fait, je doute fort qu’il y ait eu un commencement. La mesure du temps est une chose bien curieuse qui régit la vie des hommes et suit la course des astres. Or en ce temps-là, elle n’avait pas lieu pas d’être. Les Arios immortels peuplaient le Royaume sans nuit où la lumière demeure même après le coucher du soleil. Ils ne connaissaient ni la peur de mourir, ni la crainte de vieillir. La vie jaillissait comme une source intarissable dont il n’y avait pas lieu de douter. C’était un âge béni. » (Les Fils d’Orbios, p. 12) Les Arios sont des seigneurs immortels. Leur nom est tiré d’une langue celtique et signifie « seigneur ou homme libre ». Le féminin est Aria.

C’est ainsi que débute le récit qui raconte la genèse, ou le début, de l’histoire des six royaumes, du peuple des Hautes Landes et du Royaume au-delà des montagnes.

A quoi vous font penser ces deux premiers chapitres ? Y a -t-il d’autres textes connus qui vous viennent à l’esprit ? Et si, pour quelles raisons ?

Le récit des Fils d’Orbios débute bien avant la venue au monde du premier homme, Orbios. Nous sommes projetés dans un Royaume sans nuit, où le temps n’a pas cours puisqu’il n’est pas marqué par le rythme des jours et nuits, des astres et des saisons. C’est un monde hors du temps mesurable.

Comment décririez-vous la qualité de vie ? Quelles sont les relations entre l’Ancien qui est le souverain de ce royaume de beauté et le prince héritier, son fils ? ( Les indices sont à la page 15)

Arios du Royaume sans nuit

2. Un jour, quelque chose d’inattendu se produit.

« …jusqu’au jour où le vent rapporta un murmure plus doux que tout ce que le prince et son père avaient chuchoté jusque-là.

Il y eut un grand silence dans le peuple, comme si l’on était à l’aube d’une ère nouvelle. Le souverain suprême allait parler. Il était sur le point de créer son chef d’œuvre, et le prince héritier, qui était dans la confidence, était au comble de la joie. Chacun se demandait quel pouvait être l’objet de tant de passion. On avait entendu que l’Ancien choisirait quelqu’un qui puisse régner avec lui et son propre fils. » (p.15) A votre avis, de quoi s’agit-il ?

Que penser d’un souverain qui collabore en parfaite harmonie avec son fils dans le but de donner la vie à une créature avec qui partager son royaume ? Est-ce courant de voir un roi vouloir associer ses sujets à son règne ? Comment comprenez-vous ce désir et ce projet ?

Nous allons assister dans ce chapitre et le suivant à la création d’Orbios, le premier homme de la terre des six royaumes, et de Sentice, la première femme.

Dans l’histoire de l’humanité, beaucoup de visions s’affrontent pour expliquer et donner du sens à l’apparition de l’être humain sur terre. Pour les uns, c’est une suite accidentelle de mutations dues à la sélection naturelle, sans but ni projet, sans acte créateur.

Aujourd’hui, un courant scientifique important admet l’idée d’un dessein intelligent ( Intelligent Design) comme beaucoup plus probable qu’une suite d’événements et de sélections aléatoires.

Les peuples et civilisations ont tous de récits et des légendes au sujet de la création du monde. La foi judéo-chrétienne se fonde sur l’idée d’un Créateur qui prend plaisir à ce qu’il fait et se réjouit de sa création à l’image d’un artiste heureux d’avoir engendré une œuvre (cf Genèse chapitre 1 & 2). Y aurait-il quelque chose de cet ordre dans le récit des Fils d’Orbios ?

3. Le mystère de l’ombre.

Mais… le magnifique projet de l’Ancien et de son fils ne plaît pas à tout le monde. En fait il provoque la jalousie d’un Arios appelé le Grand Chantre. Ce personnage, qui portera plusieurs noms au cours de la trilogie (Dubumaglos, le Prince Noir, le Félon, l’Astre Eteint), est à l’origine un fervent adorateur de l’Ancien. Comment décririez-vous le changement qui s’opère en lui et le mène à une rébellion ouverte ? Quelle en est la raison selon vous ? Cela aurait-il pu être éviter ?

«  Mais par un mystère que je ne puis qu’entrevoir, il laissa l’ombre le toucher avant de l’engloutir dans l’obscurité la plus totale » p. 16. Comment comprendre cela ? Les indices se trouvent dans les p.16 et 17.

Orbios et Sentice commencent leur existence dans une combe abritée des vents, un jardin luxuriant, nommé Aiucumba, la combe d’éternité. Quel est le thème évoqué ici ? A quoi cela vous fait-il penser ?

Ils jouissent d’une vie agréable sous la protection de l’Ancien. Le territoire est vaste et permet d’y faire de nombreuses découvertes. Le souverain leur permet de jouir de tout en toute liberté mais il place une limite : ne pas franchir la porte d’Aiucumba sous peine d’y perdre la vie.

Survient le Félon, le Grand Chantre déchu de sa position après s’être ouvertement rebellé. Comment tente-t-il de convaincre Orbios et Sentice de franchir la porte ? Quels sont ses arguments et comment sème-t-il le doute sur les intentions bienveillantes de l’Ancien ? Votre terrain d’exploration se trouve aux pages 26 et 27. Qu’en pensez-vous ?

Le Félon est exilé, mais c’est lui qui consomme sa rébellion et choisit de se faire l’ennemi de le l’Ancien. Il tente d’entraîner avec lui les créatures qu’il abhorre. Orbios et Sentice ont leur libre arbitre et font un choix qui va leur coûter cher. Une fois la porte passée, la désillusion les attend. « Désormais, leur amour oscillait entre confiance et défiance, leurs paroles entre miel et fiel. »

Le Grand Chantre leur avait menti en prétendant qu’ils n’étaient que des créatures apprivoisées : « Souhaitez-vous servir de divertissement à un seigneur qui vous regarde comme de vulgaires animaux de compagnie ? » Maintenant qu’ils avaient pu franchir la porte d’Aiucumba de leur plein gré, Orbios et Sentice comprenaient qu’ils avaient été réellement libres, mais trop tard.

Amérindiens: une Bible traduite par eux et pour eux.

Vous souvenez-vous de Charlotte, cette jeune étudiante en sociologie partie aux USA pour passer des vacances chez son oncle, à la frontière des terres indiennes du Dakota du Sud? Chaussées de ses sanchos et d’une chemise bigarrée, là voilà débarquée dans un univers bien différent de sa Suisse natale et de la bourgeoisie lausannoise à laquelle appartient sa famille.

Plutôt que l’héroïne de mes romans « Quand souffle l’Esprit sur la Plaine » et « Des quatre vents souffle l’Esprit » (voir sous la rubrique « autres romans de l’auteur »), Charlotte est ce personnage en recherche qui va, par la force des choses, aller à la rencontre d’une culture amérindienne qu’elle connaît peu. Son regard occidental, tout empreint de préjugés et de belles images un peu romantiques, va se confronter aux réalités plurielles du peuple Lakota. Au coeur de la réserve de Pine Ridge, où je suis allée à plusieurs reprises, elle se lie d’amitié avec des autochtones qui vont lui ouvrir de nouvelles perspectives, élargir sa vision humaine et spirituelle. Et puis elle fait cette rencontre des plus inattendues: Michael Yellow Eagle, un pasteur Lakota, vient bouleverser le préjugé malheureusement forgé par les épisodes les plus sombres d’une longue histoire de domination, selon lequel l’évangile est une arme de colonisation et d’aliénation culturelle utilisée par les Blancs. Les deux pieds ancrés dans le terroir et l’histoire de son peuple, les cheveux longs, une paire de jeans, une chemise indienne et sa Bible sous le bras, l’homme va faire découvrir à la jeune étudiante un Jésus tel qu’elle ne le connaissait pas.

La fiction de mon récit était profondément ancrée dans la réalité d’un mouvement de renouveau des Amérindiens qui se reconnaissent dans les « Jesus Followers ». J’y reviendrai dans un prochain post. Mais aujourd’hui, je voudrais vous présenter le travail extraordinaire de Terry Wildman, Ojibiway et Yaqui.

TerryWildman, traducteur de la First Nations Version

Ce dernier s’est donné pour ambition de proposer une traduction de la Bible en anglais qui rejoigne ses frères amérindiens dans leur expression culturelle. La particularité de cette « First Nations Version » (FNV) du Nouveau Testament tient dans le fait qu’il ne s’agit pas d’une traduction d’un texte dans un idiome indigène, mais bien d’une retranscription en anglais du texte biblique dans une expression proche de la pensée amérindienne.

Cela fait quelques années déjà que j’avais acquis sa retranscription de l’évangile de Luc et de l’Epître aux Ephésien. Je trouve que c’est une approche inspirante. Elle donne un relief différent au texte, tout en étant fidèle au contenu, ce qui permet de rafraîchir ma vision de textes connus. Dans un article daté du 3 septembre 2021, le magazine Christianity Today annonçait la publication de la traduction intégrale du Nouveau Testament.

Voulez-vous un petit avant-goût? « Le Grand Esprit aime ce monde d’humain si profondément qu’il a donné son Fils, le Fils unique qui le représente pleinement, Tous ceux qui mettent leur confiance en lui et dans son chemin n’iront pas vers une mauvaise fin, mais ils recevront la vie du monde à venir qui ne s’éteindra jamais, pleine de beauté et d’harmonie. » Vous l’avez reconnu? C’était le fameux verset de Jean 3.16 que vous avez lu au moins une fois dans votre vie:  » Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle ».

Terry Wildman explique que le concept de la vie éternelle est étanger aux cultures amérindiennes et qu’il fallait l’exprimer avec des mots qui fassent sens. J’ajouterai qu’en Europe, nous avons une vision souvent teintée de relents greco-romains d’une vie immortelle, mais éthérée, car nous passons à côté du sens de la vie abondante qui nous est promise. La version indigène du Nouveau Testament compte un bon nombre de textes comme celui-ci, rafraichissants et d’une grande profondeur. Ce que la Bible appelle le Royaume de Dieu, la FNV l’appelle la « Good Road » (Le Bon Chemin) en référence à la Red Road des Amérindiens.

La « Red Road » est un concept moderne, vaguement New Age, utilisé par certains Amérindiens pour évoquer un bon chemin de vie ou le retour à un équilibre lorsqu’on se libère d’addictions telles que l’alcool ou l’usage de drogues. Des valeurs de droiture, de solidarité, de partage et de respect y sont attachées. En ce sens, la « Red Road » a des lignes de convergence avec l’enseignement du Christ. Mais à la différence de ce dernier, le pardon est le grand absent, comme me le faisait remarquer mon mari, Michael Clark. C’est une ligne de conduite honorable, qui repose uniquement sur les efforts humains, forcément limités. Dans son adaptation de l’évangile de Luc, chapitre 17, verset 20 et 21, voici comment Terry Wildman rapporte les paroles de Jésus appelé « Creator set free », « Le Créateur libère », selon l’étymologie du nom hébreux Yeshua (Jésus):  » Le Bon Chemin (Good Road) du Créateur n’est pas ce à quoi vous vous attendez. Il ne viendra pas avec les signes extérieurs que vous recherchez. Vous aurez besoin d’yeux nouveaux pour le voir. Personne ne dira: « Il est ici  » ou « nous l’avons trouvé! » ou « Regardez, il est là-bas! ». Car le bon chemin du Créateur est déjà ici, en moi, alors que je marche parmi vous. »

Quand on lui demande ce que représente pour lui son adaptation de la Bible, Terry Wildman répond ceci: « Nous croyons que c’est un don, non seulement pour notre peuple amérindien, mais aussi un don de notre peuple indigène à la culture dominante. Nous croyons que c’est une manière fraîche pour les gens d’expérimenter tout à nouveau le récit depuis une perspective amérindienne. » Dans mes contacts avec des amis travaillant pour la traduction de la Bible dans les 75 idiomes parlés au Mexique, j’ai appris à quel point il est plus facile pour une personne autochtone de s’approprier un message quand il est exprimé dans sa langue maternelle ou dans une expression qui rejoint sa culture.

Mais l’inverse est aussi vrai: pour nous qui sommes habitués à nos traductions classiques, il est enrichissant de découvrir les textes dans le contexte culturel et spirituel du judaïsme. La Thora et les évangiles ont été écrits par des Juifs. Si la » First Nation Version » est un outil précieux, elle ne peut néanmoins se substituer au texte original sans courir le risque de couper la Bonne Nouvelle de ses racines hébraïques. Par contre, par sa narration particulière à une société tribale, elle met en relief les similitudes avec une autre société tribale qu’était le peuple d’Israël. A découvrir sur www.firstnationsversion.com

Adonnaissance… ces jeunes qui donnent la vie en contrebande

Bonjour à tous,

C’est un phénomène dont on parle peu car il est reste minoritaire et pourtant… Ces jeunes parents surpris par une grossesse, le plus souvent inattendue, et qui choisissent de l’accueillir pour donner la vie, méritent d’être entendus, reconnus et soutenus.

Michel Hermenjat, éducateur social retraité, a été confronté à maintes reprises à des situations de vie où des jeunes femmes se sont battues pour garder leur enfant malgré leur très jeune âge. Son roman, Adonnaissance, que vous pouvez découvrir sur la page dédiée aux livres que nous avons édités, vient d’être traduit en Allemand et publié par les éditions Reinhardt. A cette occasion, j’ai le plaisir de partager avec vous une courte vidéo intitulée « Power Women » et qui annonce un documentaire sur ce thème et produit en synergie avec le livre de Michel.

Les producteurs sont allés à la rencontre de femmes issues de cultures et de milieux sociaux très divers. Toutes sont devenues mamans dans des conditions difficiles et le plus souvent seules. En découvrant leur combat pour la vie, ces femmes, héroïnes malgré elles, expriment les difficultés rencontrées, mais aussi la joie d’avoir osé acceuillir un bébé non attendu. La plupart des grossesses accidentelles sont interrompues précocément sous la pression des familles, du planning familial et de la société qui globalement stigmatise les très jeunes parents. Dans son roman inspiré de faits réels, Michel Hermenjat entrouvre la porte de cette réalité avec tendresse et espérance. Et pour une fois, les hommes ne sont pas exclus du débat. L’auteur, lui-même touché personnellement par la question, les invite à être présents et responsables aux côtés de leur compagne. Il désamorce ainsi cette guerre des sexes trop souvent entretenue autour de la question du droit à la vie, versus de l’avortement. Grâce à la plume de Joël Reymond, qui a conduit l’édition de ce livre, Michel esquisse des chemins possibles empreints d’amour et de courage en racontant les histoires de ces jeunes parents confrontés à une choix difficile. Power Women – la vidéo: https://vimeo.com/413954027

Adonnaissance. Ces jeunes qui donnent la vie en contrebande. de Michel Hermenjat, coécrit avec Joël Reymond. Anamon-éditions

Dilico, entre mythes et quête d’un paradis perdu.

IIIe partie du thème réalité versus monde virtuel

Bonjour,

Pour cette troisième et dernière partie du thème consacré au rapport entre réalité et imaginaire, je vous invite à suivre Dilico, le jeune conteur originaire du royaume d’Illiac et narrateur de la deuxième partie des Fils d’Orbios. Formé par son maître Dallo, aveugle mais d’une grande clairvoyance, Dilico entreprend le voyage qui le mène en Hautes Landes auprès du peuple dissident d’Alaunos. Ce dernier avait conclu jadis une alliance avec le Souverain des terres immortelles. Dilico est résolu à découvrir Aiucumba, la Combe d’éternité, qui a vu la naissance d’Orbios et de Sentice, les premières créatures du Souverain bienveillant. Ce paradis perdu par leur obstination à écouter le Félon plutôt que leur père, était une terre abritée et luxuriante. Son souvenir laisse dans le cœur des hommes une indicible tristesse.

Dilico entreprend une exploration des Hautes Landes en se basant sur le descriptif des anciens chants et poèmes relatés par les scribes depuis la nuit des temps. Mais après de longues recherches infructueuses, il commence à perdre espoir quand il découvre l’entrée du gouffre de Berreth Um, l’antre d’une sorcière bannie par le peuple des Hautes Landes. Cette dernière l’assure que le paradis perdu d’Aiucumba existe bel et bien et qu’elle a le moyen de l’y faire entrer, moyennant sa bourse. Méfiant, Dilico l’interroge tout en goûtant à la soupe de champignons que lui sert la maîtresse des lieux.

Une fois franchie la porte de ce monde hors du temps, Dilico est en extase : « Les couleurs vives de ce monde enchanteur m’éclaboussaient les yeux. Les chants d’oiseaux tombaient en pluie comme autant de gouttes scintillantes que je recueillais dans mes paumes ouvertes. Comme je comprenais le regret d’Orbios et de Sentice ! (…) Je me laissais glisser dans les herbes hautes et m’abandonnais à la caresse du vent sur ma peau nue. Sous une lune bleue, les joncs frissonnaient doucement. J’étais l’un d’eux. J’entendais leur musique, je la comprenais. Elle me transperçait l’âme. J’étais entre douleur et ravissement, J’étais le ruisseau qui s’écoule et qui s’oublie, le cerf dont le brame enveloppe la nuit, J’étais la libellule à fleur d’eau, le loup hurlant solitaire, le roi d’un monde sans ennemi . » Mais soudain son pouls s’accélère, son corps s’engourdit. Dilico est poussé vers la sortie et s’éveille dans la caverne nauséabonde de la sorcière de Berreth Um. « Était-ce réel ? », demande-t-il ? « Tu l’as vécu, c’est donc réel », répond la vieille ensorceleuse. Dilico comprend rapidement qu’il a été le jouet d’une illusion magnifique produite par les champignons hallucinogènes qu’il a payés de sa bourse. L’attraction est si forte qu’il pourrait se laisser prendre à la dépendance de ce voyage, mais son bon sens lui commande de fuir pour ne pas finir comme l’une de ces épaves qui vient mendier un voyage illusoire à l’entrée de la grotte.

«  Le retour avait un goût amer, car j’étais profondément déçu de n’avoir rien trouvé d’autre qu’un reflet du monde que je cherchais. Mais il fallait se soumettre à l’évidence : le seul moyen de combler ce vide immense d’une âme inassouvie était de se procurer du rêve, sans perdre pied.  (…) J’allais me rendre maître de mes rêves et en tirer profit. J’allais étudier les mythes des Hautes Landes pour ce qu’ils étaient : des fables fantastiques, irréelles, mais si belles qu’il valait la peine de faire semblant d’y croire.»

C’est sur ce constat triste et cynique que Dilico repart sans intention de ne jamais revenir en Hautes Landes.

Quelles sont nos aspirations profondes ? Notre soif de reconnecter avec la conviction intime d’un paradis perdu, d’un lieu de sécurité et de beauté pure qui puisse répondre à cette faim existentielle? Dilico, déçu de ne pas avoir découvert Aiucumba en conclut que cette terre appartient aux fables des scribes eux-mêmes mystifiés ou créateurs de mythes.

Où en suis-je dans ma quête de sens ? Y aurait-il une réalité qui puisse combler mon cœur profond ? Une sorte de Combe d’éternité, dont je porte l’empreinte sans l’avoir jamais connue ?Suis-je désabusé, fatigué par des années de recherches sans réponse ?

C’est pourtant un épisode marquant qu’il a vécu à son arrivée en Haute Landes qui va rappeler à Dilico qu’il existe bien une réalité à découvrir. Sa déception avait presque étouffé la force de ce qu’il avait vu de si près. A bien y réfléchir, nous lui ressemblons parfois. Nous sommes les témoins de l’irruption du surnaturel et de la vérité qui vient d’une dimension autre, éternelle et profondément bienveillante et nous doutons d’elle quand la réalité matérielle de ce versant du monde est par trop oppressante. Heureusement, Dilico se remettra en marche, trois sans plus tard, pour découvrir qu’il se trompe de quête, en fouillant le passé, mais que la réalité est infiniment plus belle, plus puissante et plus proche qu’il ne se l’imagine pour l’heure. Cette réalité capable d’assouvir son âme assoiffée d’éternité aura un nom et un visage. C’est une personne, non un paradis perdu. N’est-il pas temps de se remettre en route, avec lui ? De sortir de nos cavernes et de leurs illusions pour partir à sa recherche ? Et comment reconnaître, entre les mythes et les légendes, les traditions culturelles et spirituelles, celle qui saura ouvrir le passage vers les terres de beauté ? « L’univers a l’accent de la vérité chaque fois que vous le mettez loyalement à l’épreuve », écrivait CS Lewis.

Même s’il est encore loin de trouver la raison de sa quête, Dilico va poursuivre ses recherches, se tromper, persévérer jusqu’au jour où il saura qu’il a trouvé ce qu’il cherchait depuis toujours, non dans un monde de substitution, mais bien dans sa réalité.

Prochainement, je reprendrai chronologiquement certains des thèmes de la trilogie fantastique pour poser quelques balises aux compagnons de la Communauté d’Aedan.

Paix et Bienfaits !