Le don de la vie

A l’approche de Noël, alors que l’effervescence des fêtes nous fait parfois oublier le sens véritable de cette fête, j’aimerais m’approcher avec vous de ce nouveau-né, déposé dans la mangeoire d’animaux domestiques, dans une insignifiante étable, parce qu’il n’y avait pas de place pour lui dans les maisons et les auberges de Bethléhem.

C’était au début du mois de Nissan, en Israël, fin mars, début avril selon notre calendrier. Une jeune mère épuisée par une longue route, loin de sa famille et de son foyer, donne naissance à son premier-né, sur un lit de paille que lui a préparé en urgence son époux. Malgré tout, la vie est donnée, à l’ombre de circonstances apparemment chaotiques et qui étaient pourtant préparées dans les moindres détails par le Créateur et le Père de cet enfant, Jésus, Yeshoua en hébreu.

Tiré du film The Nativity Story

Fragilité… précarité…douleur….la vie d’un enfant qui vient au monde est parfois menacée dès sa naissance. Guerre, pauvreté, maladie, handicap…

Il y a 27 ans, j’ai donné naissance à deux beaux petits garçons. Après quelques semaines, nous avons appris que l’un des deux étaient atteints de lésions cérébrales sévères et multiples. Je le revois, mon petit Benjamin, blotti dans le creux de mes bras, lové dans la tendresse de notre amour, à l’aube d’une vie dont nous apprenions qu’elle allait être limitée et pleines de défis. Et pourtant, dans la découverte de cette réalité difficile, j’avais la paix. Je savais que rien n’échappe au regard plein de tendresse de mon Créateur. « Mon corps n’était point caché devant toi, lorsque j’ai été fait dans un lieu secret, tissé dans les profondeurs de la terre. Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient; et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m’étaient destinés, avant qu’aucun d’eux existât. » C’étaient les paroles d’un roi Juif, David, qui connaissait bien son Créateur. (Psaume 139.15) Il n’y a pas eu un seul jour, même durant les moments les plus éprouvants où je me suis sentie parfois tellement démunie, pas un jour où je n’ai vu en lui l’image du Dieu qui a façonné les galaxies, déployé les océans, modelé la terre et tout ce qu’elle contient. Il y a eu des moments de faiblesse où le doute est venu souffler à mon esprit que cela n’était peut-être qu’une douce illusion. Mais ces doutes n’ont pas eu raison de mon espérance et vous savez pourquoi?

Il me faut pour cela revenir à ce petit enfant couché dans l’étable, insignifiant aux yeux du monde. Cette nuit là, il y a un peu plus de 2000 ans, le ciel s’est entrouvert pour en faire jaillir la joie et l’émerveillement, car ce petit être fragile allait changer la face du monde. Il allait changer la vie de millions de personnes, dont ma vie, et ouvrir des horizons lumineux et sans limite pour ce petit garçon né avec un handicap important. Jésus est devenu un homme, rempli de l’Esprit de Dieu son Père. Il a été son parfait représentant. Il a porté un regard plein d’amour sur tous ceux qui étaient brisés d’une manière ou d’autre, sur tous ceux qui ont été assez lucides pour reconnaître leur faiblesse, qu’ils aient été apparemment bien portants ou atteints d’une infirmité quelle qu’elle soit. Le regard de Jésus à lui seul a le pouvoir de réduire au silence les théories déterministes et une vision matérialiste qui réduit l’être humain a un amas de cellules périssables et la personne handicapée à un accident de la nature. Le regard de Jésus élève l’être humain à la dignité de fils ou de fille de Dieu. Et parce que je connais ce Dieu-là et que j’ai reçu son Esprit, comme Il l’a promis à tous ceux qui mettent en lui leur confiance, je peux à mon tour porter ce même regard sur toutes les personnes atteintes dans leur intégrité.

Beaucoup d’autres avant moi, tout au long de l’Histoire, ont reçu ce même regard. Si vous y réfléchissez, nos hôpitaux, les institutions qui aujourd’hui accueillent les personnes porteuses d’un handicap, ont pour la plupart été fondées par des témoins de cette réalité extraordinaire. C’était le cas de Madame Delafontaine et de Mademoiselle Gertrude Luthi, que j’ai eu la chance de connaître, et qui toutes deux ont fondé des lieux d’accueil remplis d’espérance pour les personnes en situation de handicap ici en Suisse romande. Un bon nombre des ces lieux laïcisés aujourd’hui ont été fondés au nom de l’amour d’un Dieu qui donne la vie et qui vient à la rencontre de celui qui souffre.

Aussi, dans les moments de découragement, je pu m’appuyer sur cette réalité cachée aux yeux de beaucoup, mais qui devient une évidence pour ceux qui se laissent saisir par ce Dieu de vie.

Si j’écris ces lignes, vous l’avez bien compris, ce n’est pas promouvoir un livre ou gagner quoi que ce soit, mais c’est parce que je désire, plus que tout, partager l’extraordinaire espérance qui peut transformer votre vie, que vous soyez concernés ou non par une infirmité. Ne sommes-nous pas tous vulnérables par ailleurs, pris dans les tourbillons d’une existence imprévisible et provisoire? Et pourtant, l’enfant dont nous célébrons la naissance, est devenu le chemin qui conduit à une vie éternelle où la souffrance n’aura plus cours.

Un jour, le Prince de Paix viendra chercher ceux qui se confient en lui. Nous recevrons un corps de résurrection, comme il en a reçu un lui-même après avoir été ramené à la vie par Dieu son Père. Ce jour-là, toute trace de maladie, toute souffrance, tout handicap ne sera plus qu’un vieux souvenir. Tel un papillon qui se débarrasse de son cocon, nous déploierons nos ailes dans la lumière de ce grand jour tant attendu. Je verrai mon fils restauré dans la plénitude de l’identité que Dieu lui a donnée au moment où il a été conçu. Il se lèvera, rempli de reconnaissance, rempli de force et de joie car le Sauveur qu’il attend et qu’il connaît à sa manière, fera briller sa face sur lui dans la splendeur d’un jour nouveau.

J’aimerais, si vous lisez ces lignes, que vous puissiez être encouragés car nos épreuves ne sont pas destinées à durer. Je ressens l’urgence de partager ces choses parce que je connais la puissance et l’espérance qui y sont attachées.

Il y a une image que mon fils aime regarder dans sa petite Bible imagée. On y voit Jésus entouré d’enfants petits et grands. Je lui demande: Où es-tu sur cette image? Et Benjamin me montre le grand garçon assis sur les genoux du Seigneur. Il a compris tout ce qu’il doit savoir pour être prêt à rencontrer son Seigneur. C’est aussi simple que cela… Se confier dans la bonté d’un Dieu qui n’a pas commis d’erreur, mais qui est venu dans un monde où la souffrance s’est engouffrée à cause de la rébellion, afin de le racheter. En donnant sa vie pour nous, Jésus a ouvert un chemin qui nous réconcilie avec le Père et nous permet de devenir enfants de Dieu.

A l’approche de Noël alors que l’effervescence des fêtes nous vend des paillettes et du périssable, il y a une promesse accessible à chacun, un cadeau inestimable que nous pouvons recevoir aujourd’hui. Il n’est pas trop tard pour mettre le cap sur la vie.

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